Algérie : Amar Saâdani attaque frontalement le général Toufik

La sortie médiatique du secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, contre le DRS et son patron, le général Toufik, fait la Une des journaux algériens. Attaquer ouvertement un général algérien n’est pas sans conséquences…

L’attaque frontale engagée par le secrétaire général du Front de Libération Nationale (FLN) contre le patron du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le général-major Mohamed Médiène, dit Toufik, fait la Une de la presse algérienne. Saâdani et ses compères du FLN, « sonnés de voir s’éloigner l’option d’un 4e mandat pour Bouteflika, perdent leur sang-froid », écrit [El Watan-> .

La sortie médiatique de Saâdani serait la face cachée d’une panique chez les partisans de Bouteflika. Le Président algérien, toujours en convalescence, n’a toujours pas déposé sa demande de candidature à la prochaine Présidentielle prévue en avril 2014. Une information qui met à mal l’annonce du 22 janvier de Saâdani, selon laquelle Bouteflika est candidat à la Présidentielle. Le ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaïz, a d’ailleurs démenti l’annonce de la candidature de Bouteflika. Quant au principal intéressé, il ne s’est jamais exprimé sur la question.

Pourquoi une telle sortie médiatique ?

Selon El Watan, « si le Président Bouteflika capitule, cela acterait la fin politique de tous ceux qui font la promotion, avec zèle et insistance, de son maintien au pouvoir ». C’est donc ce qui expliquerait la sortie contestée du patron du FLN, soutenu par l’ensemble des supporters de Bouteflika.

Dans un entretien accordé au journal électronique TSA, le SG du FLN affirme pourtant vouloir contribuer à instaurer un « Etat civil ». Ce que la presse locale remet sérieusement en doute en déclarant qu’ « il aurait été ligué contre le DRS par ceux qui veulent imposer un 4e mandat, non pas parce qu’ils veulent, comme il le dit, instaurer un «Etat civil», mais plutôt pour protéger des intérêts énormes et surtout se garantir une impunité ».

Saâdani, lui, campe sur sa position : « je répète, en ma qualité du patron du FLN, je refuse l’interférence de la sécurité intérieure dans les affaires du parti. Nous l’invitons à s’occuper des questions sécuritaires. La place des militaires est dans la caserne. Que fait un colonel au Sénat ? De quel droit assiste-il aux réunions du Comité central d’un parti ? », déclare-t-il à TSA. Saâdani invite Toufik à cesser de « s’immiscer dans les affaires du parti » et à démissionner.

« Je milite pour la séparation des pouvoirs. Pour un Etat civil. Je dis par contre que si un mal m’arrive, ce sera l’œuvre de Toufik », avertit Saâdani en conclusion de son interview. Militant chevronné luttant pour la séparation des pouvoirs ? Ou simple opportuniste inquiet pour son futur sans Bouteflika, comme le prétend la presse ? Une chose est sûre, Amar Saâdani n’a en tout cas pas fini de faire parler de lui. A suivre…