Grogne à Bruxelles après les propos de Karel de Gucht sur la RDC

Les propos du ministre belge des Affaires étrangères, Karel de Gucht, qui a réitéré, dimanche, « toutes ses déclarations sur les dirigeants congolais », a soulevé un vif émoi dans la classe politique belge, a-t-on constaté sur place.

Peu après son retour à Bruxelles après son retour d’un voyage en Chine, M. de Gucht a encore répété que son pays, qui consacre 200 millions de dollars d’aide par an à la RD Congo, « a le droit moral » de critiquer l’élite congolaise.

Le président du Sénat, Armand de Dekker, a réagi à ces propos en affirmant que les déclarations du ministre des Affaires étrangères sur le Congo ne sont pas celles de la Belgique.

Pour sa part, le ministre de la Coopération, Charles Michel, se désolidarisant du chef de la diplomatie belge, soupçonne Karel de Gucht, d’avoir « un agenda caché » visant à provoquer la rupture des relations diplomatiques entre la Belgique et son ancienne colonie, dans le but d’affecter le budget de la Coopération à d’autres objectifs.

De son côté, le président du Parti socialiste (PS), Elio Di Rupo, un des poids lourds de la classe politique belge, n’a pas caché sa colère en demandant au ministre des Affaires étrangères de tenir sa langue, déclarant que « Karel de Gucht doit faire preuve de diplomatie, un ministres des Affaires étrangères est là pour résoudre des problèmes et non pour en créer ».

Elio Di Rupo n’a pas caché l’intention de son parti de quitter le gouvernement de coalition, surtout que celui-ci n’a réalisé aucune réforme sociale comme le demande les socialistes belges.

Quant à le presse belge qui consacre moult commentaires sur l’incident diplomatique provoqué par Karel de Gucht, elle craint d’ores et déjà que cela ne conduise à la rupture totale des relations entre la Belgique et la RD Congo, à l’initiative de Kinshasa.

Certains journaux s’attendent à ce que Kinshasa demande, dans les prochains jours, à l’ambassadeur de Belgique de quitter la RDC, et d’ordonner la fermeture des consulats belges à Bukavu et à Lubumbashi.

Suite aux déclarations, jugées désobligeantes, du ministre belge des Affaires étrangères à l’endroit des autorités congolaises, Kinshasa a rappelé, samedi, son ambassadeur à Bruxelles et ordonné la fermeture du consulat de la RDC à Anvers.