Grippe porcine : l’Afrique peut-elle affronter une pandémie ?

Le virus de la grippe porcine apparu samedi, au Mexique, a déjà tué près de 150 personnes. Et il se propage dangereusement dans le monde. En trois jours, des cas avérés ou suspects ont été détectés aux Etats-Unis, au Canada, en Espagne, en Grande Bretagne, en Chine… Lundi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a porté son niveau d’alerte à 4 sur une échelle de 6, ce qui correspond à un risque élevé de pandémie. Pour l’heure, l’Afrique semble ne pas être touchée, mais le continent est très vulnérable, indique l’organisation des Nations-unies.

« Aucune région du monde n’est à l’abri » du virus de la grippe porcine, a indiqué, lundi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a relevé son niveau d’alerte à 4 sur une échelle de 6. Ce qui signifie une augmentation « significative du risque de pandémie ». L’Afrique, surtout les pays qui sont de grandes destinations touristiques, est exposée. Dans un communiqué publié lundi, Michèle Montas, la porte-parole de Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations unies, a indiqué que les pays pauvres du continent sont particulièrement vulnérables. D’après elle, après les crises alimentaire, énergétique, économique et financière… qui ont durement frappés ces pays, les Nations-unies doivent « veiller à ce qu’ils ne soient pas aussi touchés de manière disproportionnée par une crise potentielle de la santé ». La Banque Mondiale, les institutions de développement et d’aide humanitaire des Nations unies sont prêtes, indique-t-elle, à mettre des fonds à disposition des pays qui en auront besoin pour combattre l’épidémie.

Le Maroc installe des détecteurs de fièvre dans les aéroports

D’ores et déjà, quelques rares pays africains annoncent des mesures de précaution. Au Maroc, voisin de l’Espagne où le premier cas européen de la maladie a été signalé, le ministère de la santé indique avoir pris des dispositions contre l’introduction du virus A/H1N1 sur son territoire. Un dispositif déjà mis en place en 2005 a été réactivé. Ce plan destiné à faire face à une épidémie de grippe humaine d’origine aviaire reste de mise, selon les autorités du royaume chérifien, pour la grippe d’origine porcine. Les principales mesures préventives concernent, notamment, le renforcement des contrôles sanitaires au niveau des frontières terrestres, portuaires et aéroportuaires. Des caméras détectrices de fièvres ont été installées dans les aéroports. La surveillance épidémiologique, clinique et biologique de la grippe commune et des infections respiratoires aiguës sévères a également été renforcée.

En Algérie, au Ghana et au Togo, les autorités sanitaires ont déclaré, lundi, observer de près l’évolution de la maladie et avoir renforcé les contrôles sanitaires. Même si des titres de la presse africaine ont largement fait écho de la propagation rapide du virus à travers le monde et de l’alerte donnée par l’Organisation mondial de la santé (OMS), la plupart des Etats africains observe le silence face au danger qui se profile.

Respecter les règles d’hygiène élémentaires

La maladie, apparue au Mexique le 24 avril où elle a déjà provoqué environ 150 décès et des milliers de cas, se répand à travers le reste du monde. Des cas avérés ou suspects ont été détectés aux Etats-Unis, au Canada, en Espagne, en Australie, en Israël, en Chine… A l’origine de la maladie, le virus A de type H1N1 qui se transmet d’homme à homme par voie respiratoire. L’OMS décrivait, dimanche, le virus comme un nouveau sous-type de A/H1N1 jamais détecté auparavant ni chez le porc, ni chez l’homme.

Les symptômes de la grippe porcine sont identiques à ceux de la grippe saisonnière. Ils se caractérisent par une fièvre, des maux de tête, des courbatures … Selon l’organisation de la santé, le virus responsable des cas humains récents de la grippe porcine est sensible aux molécules d’oselatmivir (commercialisées sous le nom de Tamiflu) et de zanamivir (dont le nom commercial est le Relenza). Pour être efficace, le Tamiflu doit être pris au plus tard 48 heures après l’apparition des premiers symptômes, indique le laboratoire Roche qui le fabrique.

Plusieurs autres laboratoires indiquent que les premières doses d’un vaccin ne seront pas disponibles avant 4 mois. Mais ce délai reste à confirmer en fonction des caractéristiques de la souche. En attendant, les professionnels de santé recommandent fortement le respect des règles d’hygiènes élémentaires (se laver les mains, éviter les contacts physiques…).

Si l’OMS indique que le virus pourrait devenir plus dangereux, elle affirme également qu’une pandémie peut encore être évitée.

Photo: LCN