Grève anti-privatisation

Ce n’est pas un échec. Mais pas une réussite non plus. La grève générale de deux jours lancée mardi par la centrale syndicale Cosatu et le Parti communiste sud-africain a surtout touché le secteur de la construction automobile, sans réellement atteindre la région du Cap oriental.

Succès mitigé pour la grève générale de deux jours lancée mardi en Afrique du Sud par la centrale syndicale Cosatu et le Parti Communiste sud-africain (SACP), afin de protester contre la politique de privatisation du gouvernement. Si les leaders de la Cosatu se sont félicités, mardi, de la participation des Sud-Africains à la première journée, estimant qu’au moins 180 000 personnes avaient défilé dans tout le pays et que 60% des travailleurs avaient respecté la grève, les chiffres donnés par le gouvernement sont bien moindres.

Le service de communication et d’information du gouvernement estime que, dans le service public, 98% des employés étaient en poste mardi. Le secteur des transports a fonctionné normalement et les magasins des grandes villes étaient ouverts. La Chambre d’Affaires sud-africaine (Sacob) estime l’absentéisme de la journée à 15%. Cette dernière pointe tout de même le coût de la mobilisation : 21 millions de dollars (225 millions de rands) de perte de production par jour.

Ce n’est que le début

La grève, plutôt bien suivie à Durban, Cape Town et Gauteng, s’est surtout fait sentir dans les secteurs des mines et de l’industrie automobile, touchant les deux principaux constructeurs automobiles présents dans le pays : Ford et Nissan. Les usines des constructeurs allemand (BMW) et japonais (Toyota), dans la région de Pretoria, n’ont tourné respectivement qu’à 35% et 50% de leurs capacités. La grève a, en revanche, été peu suivie dans la région du Cap Oriental : la direction de Daimler Chrysler s’est félicitée d’un bon rendement de la production tandis que Volkswagen et Delta Motor Corporation enregistraient 90% de présence.

Mais la Cosatu n’a pas dit son dernier mot. Elle s’insurge contre la privatisation qui rend les services plus chers et moins accessibles aux pauvres et qui a déjà fait disparaître 100 000 emplois alors que le chômage touche aujourd’hui 29,4% de la population active du pays. Accusant le gouvernement de se refuser à toute discussion sur l’éventuel arrêt des privatisations, la Cosatu déclarait  » n’avoir pas le choix et être obligée d’appeler à la grève générale « .

 » C’est le début d’une longue lutte contre la privatisation. Tant que le problème ne sera pas résolu, nous ne baisserons pas les bras « , a déclaré le président de la Cosatu, Willie Madisha, mardi, à Cape Town, à 2000 manifestants massés devant le Parlement. La dernière grève générale, qui remonte à août 2001, avait mobilisé près d’un million de personnes.