Gregory Isaacs, une étoile toujours scintillante

Gregory Isaacs était l’une des têtes d’affiche les plus attendues du festival Transamazoniennes, qui s’est déroulé en Guyane en octobre dernier. Pour preuve, les inconditionnels s’étaient déplacés en masse pour voir chanter le célèbre chanteur de reggae jamaïcain au Camp de la transportation. Juste avant son entrée sur scène, Gregory Isaacs a accordé une petite interview à Afrik.com.

Gregory Isaacs a célébré son 58e anniversaire l’été dernier, mais les lignes de son visage témoignent des années passées à construire sa célébrité. Et du temps passé à la conserver malgré des albums jugés moins bons par les critiques, ainsi que des démêlés avec la justice – dont une peine de prison pour trafic de drogue. Mais dès que l’auteur du tube « Night Nurse » est entré sur scène le 25 octobre pour le festival des Transamazoniennes, le poids de l’âge a cédé la place à une belle énergie. Pour le plus grand plaisir des fans, le père du lovers’ rock a mis le feu au Camp de la transportation, où la manifestation était organisée. Les femmes poussaient des cris de plaisir en voyant Gregory Isaacs esquisser quelques mouvements sensuels. Avant de donner son concert, très attendu, l’artiste a accepté de donner une interview à Afrik.com. Mais à une seule condition : « Faites vite! »…

Afrik.com : Vous avez eu une grande carrière. Pensez-vous toujours avoir quelque chose à prouver sur le plan musical ?

Gregory Isaacs :
Oui, j’ai encore des choses à prouver au monde. Un peu plus, vous voyez, de plus en plus. Le reggae est l’une des musiques les plus à la mode, et elle participe beaucoup à élever les gens sur le plan mental et physique.

Afrik.com : Vous délivrez des messages politiques dans vos chansons. Pensez-vous que le message passe ?

Gregory Isaacs :
Oui, ça marche mais, jusqu’à présent, ce sont vraiment les chansons d’amour qui ont vraiment attiré mon attention, vous voyez. Je m’intéresse aux chansons d’amour parce que seul l’amour peut conquérir le monde. Et tous les jours, les gens tombent amoureux. N’est-ce pas ?

Afrik.com : Pensez-vous que le reggae reste un moyen pour les jeunes de se trouver, que ce soit en Jamaïque ou ailleurs ?

Gregory Isaacs :
Le reggae, et la musique elle-même, est un langage universel. Il apporte la paix jusqu’aux aux oreilles humaines. La musique délivre un message et elle alimente le corps, l’esprit et l’âme.

Afrik.com : Certaines femmes vous trouvent très sexy. Quel effet cela vous fait-il ?

Gregory Isaacs :
(rires) Je représente les femmes. Les chansons d’amour m’ont intéressé dès l’enfance. Et, comme je l’ai dit, les gens tombent amoureux tous les jours. Alors je chante des chansons d’amour.

Afrik.com : Comment êtes-vous arrivé à chanter du lovers’ rock ?

Gregory Isaacs :
Je chante du lovers’ rock parce que depuis mon enfance mes artistes préférés étaient Sam Cook, Otis Redding…

Afrik.com : Vous avez eu des problèmes avec la justice, vous avez été en prison mais vous vous êtes toujours débrouillé pour revenir…

Gregory Isaacs :
Oui, je me suis toujours, toujours débrouillé pour revenir. Je tire mes forces de Dieu tout puissant, du Créateur. […]

Afrik.com : Certains vous surnommeraient Hitler parce que vous seriez particulièrement dur avec vos musiciens. Qu’en pensez-vous ?

Gregory Isaacs :
(étonné, il éclate de rire) Bien trouvé ! Ils m’appellent comme ça ? Ils m’appellent Hitler ? Oui, je pense qu’on peut m’appeler comme ça ! (rires).