Grand déballage en Algérie : « C’est Ouyahia qui a écrit les lettres de Bouteflika »

Le Président d'Algérie, Abdelaziz Bouteflika

Grand déballage en Algérie où l’ancien secrétaire général du FLN, Amar Saadani, a révélé que c’est l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia qui est l’auteur de toutes les lettres supposées rédigées par Abdelaziz Bouteflika.

Amar Saadani

Ce sont de graves accusations portées, ce dimanche 24 mars 2019, par l’ancien secrétaire général du FLN, Amar Saadani, contre l’ex-Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia. Selon Amar Saadani, Ahmed Ouyahia est à l’origine de toutes les décisions qui sortaient de la présidence de la République depuis la maladie du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika.

Au cours d’un entretien accordé à TSA, Amar Saadani insiste que l’ancien Premier ministre de Bouteflika « a également été directeur de Cabinet. Tout passait par lui. Aujourd’hui qu’il n’est plus là, avez-vous vu des décisions émaner de la présidence de la République depuis ? Posez-vous la question. Toutes les décisions qui ont suscité les doutes des citoyens sortaient sur ordre de l’Etat profond et de son représentant à la présidence de la République ».

Ahmed Ouyahia

Amar Saadani va plus loin, révélant que « c’est Ouyahia qui a écrit les lettres « attribuée au Président Bouteflika », avec son secrétaire. C’est lui qui se charge de l’envoi du parapheur et de son retour. Il décide comme il l’entend, nomme, met fin aux fonctions, fait la promotion. Ce n’est donc pas le Président qui est responsable (…). La seule lettre dont je ne doute pas est celle du 11 mars 2019, où il a annoncé qu’il ne s’est pas présenté pour un cinquième mandat et qu’il n’avait pas l’intention de se porter candidat. Sa candidature est venue de l’État profond ».

De graves accusations qui risquent de faire tâche d’huile, d’autant qu’elles ont été faites au moment où la tension est vive en Algérie avec des manifestants qui déferlent par centaines de milliers dans les rues pour réclamer le départ du Président Abdelaziz Bouteflika dont la mort est agitée, une nouvelle fois.