Ghana : le gazoduc Takoradi-Tema à 500 millions de dollars, sur les rails pour 2027


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Infrastructure gazière au Ghana
West African Gas Pipeline Company Limited (WAPCo)

Ghana National Gas Company veut boucler sa décision finale d’investissement début 2027 pour un gazoduc terrestre de 278 kilomètres reliant l’ouest producteur à Tema, cœur industriel du pays. Un projet à 500 millions de dollars destiné à desserrer la dépendance du Ghana aux importations nigérianes.

Le Ghana relance un chantier énergétique évoqué depuis près d’une décennie. Ghana National Gas Company (Ghana Gas) prévoit de prendre sa décision finale d’investissement début 2027 pour ce gazoduc terrestre reliant l’ouest du pays à Tema, principal pôle industriel situé à l’est d’Accra. Si le financement suit, les travaux pourraient démarrer avant la fin du premier trimestre 2027, a indiqué sa directrice générale, Judith Adjobah Blay, à l’agence Reuters, en marge de la conférence Gastech 2026, qui s’est tenue à Bangkok du 14 au 17 septembre.

Longue de 278 kilomètres, la conduite représenterait un investissement d’environ 500 millions de dollars. Ghana Gas cherche encore à boucler son plan de financement pour ce projet.

Du gaz ghanéen pour l’industrie ghanéenne

L’enjeu est d’abord géographique. Une grande partie de la production et des installations de traitement du gaz ghanéen se trouve dans l’ouest du pays, autour de Takoradi et d’Atuabo. La demande énergétique et industrielle, elle, se concentre plutôt du côté de Tema.

Le nouveau gazoduc doit donc devenir la colonne vertébrale gazière du pays, en permettant aux centrales électriques et aux industriels de Tema d’accéder directement au gaz produit sur le territoire ghanéen.

Cette infrastructure doit aussi limiter la vulnérabilité du Ghana à ses approvisionnements extérieurs. Le pays importe encore environ 70 millions de pieds cubes de gaz par jour depuis le Nigeria, via le réseau régional du West African Gas Pipeline.

Une consommation appelée à bondir d’ici 2030

Accra anticipe surtout une forte hausse de ses besoins et Ghana Gas prévoit que la consommation nationale passera d’environ 502 millions de pieds cubes par jour en 2026 à 715 millions en 2030, soit une progression de plus de 40 %.

Le pays veut aussi produire davantage de gaz. Le champ offshore Sankofa, exploité par Eni, doit voir sa production passer de 280 à 350 millions de pieds cubes par jour d’ici 2028. Les champs Jubilee et TEN, opérés par Tullow et dont Ghana Gas traite déjà environ 130 millions de pieds cubes par jour de gaz associé, disposeraient quant à eux d’un volume supplémentaire de 50 millions de pieds cubes par jour. Ce surplus pourrait alimenter un second projet, distinct du gazoduc avec une nouvelle usine de traitement, dans laquelle le gouvernement envisagerait de conserver une participation de 30 %, le reste étant financé par des investisseurs privés. Ce projet doit encore recevoir l’aval du Parlement avant que davantage de détails ne soient communiqués.

Reste, pour le gazoduc Takoradi-Tema comme pour l’ensemble de ces chantiers à réunir les capitaux qui transformeront ces projets en infrastructures opérationnelles.

Idriss K.Sow
Journaliste-essayiste mauritano-guinéen, il parcourt depuis une décennie les capitales et les villages d’Afrique pour chroniquer, en français, les réalités politiques, culturelles et sociales de l'Afrique
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