Immigration : l’Italie menace l’Europe avec un plan B

Devant l’afflux de migrants africains sur son territoire et faute du soutien européen, l’Italie envisage la mise en place d’un plan B qui fera « mal à l’Europe », a déclaré, ce dimanche, Matteo Renzi, Premier ministre italien.

Débordée par l’arrivée massive des migrants en provenance des côtes libyennes, l’Italie est en plus irritée par l’attitude des Etats européens qui tergiversent à la soutenir dans la gestion de la problématique migratoire de plus en plus préoccupante.

Ce dimanche, le Premier ministre italien, Metteo Renzi, a déclaré mettre à exécution un plan B qui risquera de faire « mal à l’Europe », si l’Italie, n’est pas aidée. Plus exposée, l’Italie est la porte d’entrée des milliers de migrants africains qui ont fui les conflits de leurs pays respectifs et la crise libyenne.
Depuis jeudi près de 200 migrants africains qui tentent d’entrer en France sont retenus à la frontière. Ils ont passé leur nuit à la gare de Vintimille en Italie.

Face à cette crise, le Premier ministre Italien Matteo Renzi est monté au créneau et a menacé les Etats européens. Il reproche à ces derniers de n’être pas prêts à soutenir son pays. La crise « ne doit pas être sous-estimée. C’est un problème sérieux et, que ce soit bien clair, les réponses de l’Europe n’ont pas jusqu’à maintenant été suffisamment bonnes », a déclaré Matteo Renzi, dans un entretien accordé au Corriere della Sera.

De la provocation

Lors d’un sommet européen sur la migration tenu le 27 mai dernier, la Commission européenne avait proposé aux Etats membres de l’UE la prise en charge et la répartition par quotas des migrants. Depuis lors, aucun consensus n’est trouvé autour d’un programme censé repartir 24 000 réfugiés dans certains pays. L’Italie souhaite que le prochain sommet européen consacré à la crise, prévu le 25 juin, aille plus loin dans ses résolutions.

Le Premier ministre, Matteo Renzi juge comme de la provocation la répartition des migrants. « Répartir seulement 24 000 personnes, c’est presque de la provocation », a déclaré Matteo Renzi. Alors que près de 57 000 migrants ont débarqué en Italie depuis le début de l’année.

« Si l’Europe choisit la solidarité, c’est bien. Si elle ne le fait pas, nous avons un plan B tout prêt. Mais qui frapperait surtout l’Europe en premier », menace Matteo Renzi. Toutefois, il ne précise pas la nature dudit plan.