Géopolis, le retour

Claude Sérillon reprend son émission fétiche,  » Géopolis « . Elle sera diffusée sur France 2 tous les dimanches de l’été, à une heure improbable : 12h00. Entre la poire et le fromage, le journaliste nous a concocté une menu de reportages alléchants. Comme hors-d’oeuvres : un New-York multiracial et une Afrique du Sud tourmentée qu’Afrik.com a goûté pour vous. A vos fourchettes !

 » Géopolis « , émission de reportages présentée par Claude Sérillon, sera le rendez-vous dominical et estival de France 2. Le présentateur rappelle que cette émission, qui existe depuis 1992, a la volonté  » d’ouvrir une fenêtre sur le monde entier. Elle a une manière tout à fait pédagogique de traiter les pays  » car  » à Géopolis, on rappelle des éléments d’Histoire, on mélange le passé et le présent « . Il poursuit :  » L’idée de voyages successifs domine, puisque nous sommes allés filmer sur tous les continents, excepté l’Australie, qui sera déjà largement traitée par la chaîne dans le cadre des Jeux Olympiques « .

Cette année la découverte et la connaissance sont à l’honneur, avec cette façon particulière à l’émission de montrer les villes et les pays à travers un angle géopolitique. Ainsi,  » New-York, toutes les couleurs du monde « , le premier numéro de la série, montre comment une ville se construit au rythme des différentes couches d’ethnies qui viennent la composer. On y apprend qu’à la faveur d’une nouvelle vague d’immigration en provenance d’Afrique, des Gabonais, Egyptiens, Marocains, ou Ivoiriens se retrouvent à arpenter le bitume new-yorkais.

A Harlem, la deuxième langue parlée est le français. Mamadou de Bamako, qui surveille un magasin, renchérit :  » Dans tous les stores de la rue, tu as au moins deux ou trois Africains « . Peu inquiétés par les actes racistes -sévèrement réprimés par la législation américaine-, et libres de leurs mouvements une fois la carte verte acquise, les jeunes Africains se trouvent plutôt à l’aise sur la Grosse Pomme, même s’ils sont majoritairement condamnés à être chauffeurs de taxi.

Le deuxième reportage,  » Afrique du Sud : peurs blanches  » met en valeur les blocages de la société sud-africaine. Face à la montée des violences à l’encontre des Blancs – 400 fermiers ont été attaqués dans le nord du pays en quatre ans-, la communauté blanche d’Afrique du Sud se replie sue elle-même. Les quelques riches hommes d’affaires blancs qui restent encore en place ont retourné leur veste avec une aisance déconcertante et s’accommodent parfaitement du régime de Thabo Mbeki, au pouvoir depuis 1999. Tel Tom Boslow, patron du plus gros groupe de presse du pays, qui a toujours soutenu le parti raciste, aujourd’hui totalement convaincu par le multi-ethnisme.

Le reste de la population blanche est déçue par le nouveau gouvernement, et se sent trahie par la loi de la  » discrimination positive « . C’est le monde à l’envers :  » Les Blancs ne trouvent plus de travail. Ce que les Noirs faisaient avant, ce sont les Blancs qui le font  » se plaint un chômeur qui vivote avec sa famille grâce à une association de quartier. Quant aux fermiers blancs du Nord, ils sont prêts à défendre leurs terres fusil au poing. Dans la région, la pancarte  » Attention réponse armée  » a remplacé celle de  » Attention au chien « .

Les nostalgiques de l’apartheid les plus intégristes se retrouvent dans la communauté d’Orania, sous le patronage de Carel Beshoff, qui ne cache pas son rêve : créer un état blanc indépendant à l’intérieur du pays. Au détour de l’interview, un retraité lâche :  » Je ne pense pas que la démocratie puisse marcher en Afrique du Sud « . A l’école d’Orania  » on apprend à devenir Afrikaner comme on apprend les maths ou la physique  » explique le reporter, et tout va bien dans le meilleur des mondes…