Génocide rwandais : la justice française s’oppose à l’extradition de Joseph Habyarimana

La justice française a émis ce mardi, un avis défavorable à la demande d’extradition vers le Rwanda de Joseph Habyarimana, un Français accusé de génocide au Rwanda en 1994.

L’espoir du Rwanda de juger Joseph Habyarimana pour génocide vient de s’envoler. Et pour cause, la justice française s’est opposée, ce mardi 15 septembre 2015, à sa demande d’extradition, selon son avocat. Il sera donc jugé en France pour complicité de génocide et crimes contre l’humanité.

La justice française a rendu sa décision en délibéré précisant avoir suivi l’avis de l’avocate générale pour se déclarer défavorable à la demande d’extradition vers le Rwanda. Selon la loi française, le gouvernement est lié par l’avis défavorable de la chambre et ne peut donc pas extrader Joseph Habyarimana.

Une décision contestée

Une décision judiciaire qui n’est du goût du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), une association à l’origine de la plupart des plaintes en France contre de présumés génocidaires. Le CPCR a critiqué ce rejet de la justice française, « la France ne répond jamais positivement aux demandes d’extradition du Rwanda, alors que tous les autres pays le font », martèle leur président.

Joseph Habyarimana, est accusé d’avoir co-organisé l’élimination de Tutsi à Gihingamuyaga, dans la région de Butare, alors qu’il était directeur d’un atelier de fabrication d’objets en étain du monastère de Gihindamuyaga. Selon le CPCR, il aurait eu un rôle à jouer dans l’assassinat des moines tutsis de ce monastère, dans le massacre de réfugiés et d’actes de génocide dans un centre de santé d’un couvent.

En juin dernier, l’avocate générale, Florence Galtier, avait invoqué la non rétroactivité des lois pour émettre un avis défavorable à son extradition. Le Rwanda souhaite en effet le juger pour complicité de génocide et crimes contre l’humanité, alors qu’il n’existait pas de peine incriminant le crime de génocide dans ce pays, en 1994.

Entre avril et juillet 1994, près de 800 000 personnes avaient été tuées au Rwanda, essentiellement parmi la minorité tutsi. Un drame qui a particulièrement marqué le pays. Le rôle de la France dans ce génocide est toujours en question.