Génocide : le Rwanda ne veut pas de l’ambassadeur français aux commémorations

Contrairement à ce qu’avait annoncé la France, l’ambassadeur de France au Rwanda, Michel Flesh, ne participera pas aux commémorations du vingtième anniversaire du génocide rwandais, faute d’accréditation.

L’ambassadeur de France aux commémorations du 20e anniversaire du génocide rwandais ? Les autorités rwandaises n’en veulent pas. La garde des Sceaux, Christiane Taubira, qui devait initialement conduire la délégation française à Kigali, a annulé, ce samedi, sa participation en raison des propos tenus par le président rwandais, Paul Kagame, selon lesquels la France a joué un « rôle direct dans la préparation du génocide » et a participé à « son exécution même ».

Ainsi, Michel Flesch, ambassadeur de France au Rwanda, qui devait représenter la France aux commémorations, en remplacement de Christiane Taubira, s’est vu retiré son accréditation. « Hier à 22 h 30, le ministère des Affaires étrangères rwandais m’a téléphoné pour m’informer que je n’étais plus accrédité pour les cérémonies », a-t-il expliqué à l’AFP.

Cette nouvelle tension marque un coup d’arrêt à la normalisation des relations entre la France et le Rwanda, malgré une réconciliation officielle en 2010. La France, alliée en 1994 au régime hutu, à l’origine du génocide qui a causé la mort de près de 800 000 personnes, principalement de la minorité tutsi, a toujours nié son implication dans le génocide rwandais. La France, qui a simplement reconnu en 2010 « de graves erreurs d’appréciations » au Rwanda, a toujours refusé de présenter ses excuses, attendues par Kigali.

C’est donc sans la présence de la délégation française que le président Kagame a lancé dans la matinée de ce lundi les commémorations du 20e anniversaire du génocide au stade Amahoro, le plus grand stade de la capitale rwandaise.