Gbagbo réclame une enquête sur l’affaire Jean-Paul Ney

A. Kessi, O. Bori-Gbè et R. Tchimou

Une enquête ordonnancée, lundi, par le président ivoirien Laurent Gbagbo pourrait bientôt lever le voile sur l’affaire Jean Paul Ney, le journaliste français incarcéré à Abidjan depuis le 27 décembre dernier.

Notre correspondante à Abidjan

Le président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, demande l’ouverture d’une enquête sur la présence du journaliste français Jean Paul Ney sur le territoire ivoirien et les raisons exactes de sa présence non loin de la Radio télévision ivoirienne (RTI). Cette dernière est un point stratégique qui a été convoité pendant toutes les crises socio-politiques déclenchées à Abidjan.

A. Kessi, O. Bori-Gbè et R. TchimouLe Président ivoirien au cours d’une audience à sa résidence privée, le lundi 07 janvier, s’est entretenu avec le procureur de la République, Tchimou Raymond, et deux autres magistrats ivoiriens, notamment le procureur Ouattara Bori-Gbè et le commissaire du gouvernement, Ange Kessi. Il leur a demandé d’ouvrir immédiatement une enquête, en vue de faire la lumière sur l’affaire et de dégager la responsabilité des personnes mises en cause dans la rumeur de coup d’Etat qui ont circulé il y a quelques semaines à Abidjan.

Pour rappel, le journaliste-photographe avait été interpellé le samedi 27 décembre 2007, aux environs de 23h30, alors qu’il photographiait le bâtiment de la télévision ivoirienne (RTI) dans le quartier de Cocody. Le journaliste français Jean Paul Ney avait été arrêté le même soir par la brigade de recherche de la gendarmerie puis entendu par la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) d’où il a été envoyé à la Direction de la Police Criminelle après « avoir fait des aveux ».

Laurent GbagboLe journaliste aurait avoué, écrit un quotidien ivoirien, « qu’il était aux abords de la RTI pour attendre l’assaut final… d’un coup en préparation depuis longtemps. » Il aurait même cité les noms de ses complices et autres commanditaires du coup. Dont le sergent chef IB, en cavale depuis l’accord de Ouagadougou en mars 2007. Au moment de son arrestation, selon le quotidien, Jean Paul Ney était en possession de cassettes compromettantes. Sur l’une était contenue une déclaration du sergent Chef IB annonçant sa prise du pouvoir après « le coup d’Etat avorté ».

Afin de mettre fin à cette rumeur qui a pris des proportions politiques et de sauvegarder l’intégrité territoriale et la stabilité de l’Etat de Côte d’Ivoire, le Chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, attend les résultats de l’enquête qui doit s’ouvrir sous peu.

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Photo : Philippe Aimar (libre de droits)