Gbagbo préfère Paris à Bruxelles

Le président ivoirien a eu droit au tapis rouge à Paris. Sa visite privée a pris les allures d’un séjour officiel. Si Paris a succombé au charme ivoirien, Bruxelles est demeurée de marbre. Pour recevoir de l’aide financière, Abidjan est priée de revoir sa copie sur les droits de l’Homme et sur la démocratie.

Le Président ivoirien aurait-il réussi là où son Premier ministre a lamentablement échoué ? C’est le message que la présidence ivoirienne veut délivrer. Le président Laurent Gbagbo n’arrête pas de marteler que son voyage à Paris a été une réussite. Il affirme avoir reçu l’appui inconditionnel du Président et du Premier ministre français. « J’ai demandé au président Chirac de parler à ses pairs pour qu’il y ait le plus rapidement possible une amélioration entre l’Union européenne et la Côte d’Ivoire ». Même si le président ivoirien affirme n’être pas  » venu en pleureur « , il lui faut absolument renflouer les caisses vides de son pays. Car l’économie ivoirienne est à l’agonie. Et si Paris a déroulé le tapis rouge, il n’est pas sûr que Bruxelles soit charmée par Abidjan.

Reprise graduelle et mesurée

La capitale belge ne paraît nullement impressionnée par la visite privée aux allures d’un séjour officiel de Laurent Gbagbo à Paris. Bruxelles conditionne son aide au retour à la démocratie, à la bonne gouvernance et aux droits de l’Homme. Les Quinze demeurent sceptiques quant au bilan de la Côte d’Ivoire dans ces domaines. L’Union européenne avait déjà programmé de fournir pour Abidjan une aide de 35 millions d’euros et dont la première tranche est prévue pour la fin du premier semestre 2001.

Politiquement, le président ivoirien a radicalisé son discours contre Alassane Ouattara qu’il accuse d’utiliser  » tantôt la nationalité voltaïque tantôt la nationalité ivoirienne  » Devant la presse et les hommes politiques, il a eu beaucoup de mal expliquer son choix politique d’exclure le président du RDR de la scène politique. L’UE insiste sur la réhabilitation de tous les opposants. « La décision de l’Union européenne est injuste et inopportune. La Côte d’Ivoire n’a jamais eu un gouvernement aussi démocratique que le nôtre. Je demande à la France de faire pression et de dire que cette situation n’est pas moralement acceptable », s’indigne Laurent Gbagbo.

Les indicateurs de croissance de la Côte d’Ivoire demeurent au rouge. Après une faible progression de 1,5% en 1999, la récession continue de frapper la Côte d’Ivoire en 2000, avec une croissance limitée à 2,6%. La reprise n’est prévue qu’en 2002. Peut être…