Gbagbo et les 400 mutins

Il était une fois… non deux fois, deux coups d’Etat. Le second n’est pas très clair. A-t-il seulement eu lieu ? Cela se passait dans un pays qui était la locomotive de l’Afrique de l’Ouest. Est-ce la voie de garage ? Pour réparation ou démembrement ? Il faut espérer que la Côte d’Ivoire- car c’est d’elle qu’il s’agit- saura trouver l’énergie et la force pour surmonter cette nouvelle crise. Et du soutien international. Parce qu’Abidjan est isolée, comme si elle payait au prix fort son ancienne puissance régionale. Comme si les rancoeurs, longtemps enfouies, ont refait surface. Comme si Houphouët-Boigny, gendarme de la France en Afrique de l’Ouest, particulièrement virulent contre Sékou Touré et Thomas Sankara, n’a pas fini de payer ses amitiés douteuses avec l’ancienne puissance coloniale.

Pourquoi la Côte d’Ivoire ne trouve-t-elle pas une épaule sur qui s’appuyer ? Pourquoi les démons séparatistes sont-ils toujours aux aguets ? A jouer avec l’ivoirité, les politiciens ont créé de grands murs de méfiance et de haine. A chercher qui est plus ivoirien que l’autre, les hommes politiques ont oublié que la Côte d’Ivoire est un pays cosmopolite, africain. Que les Ivoiriens forment un peuple hétérogène. Qui, jusqu’à  » l’ivoirité « , vivait en paix. Maintenant, le doute s’est installé. Même la grille de lecture a radicalement changé. L’insurrection militaire du 19 septembre dernier, qualifiée de Coup d’Etat par le gouvernement de Laurent Gbagbo, est devenue dans la presse -et chez certains hommes politiques- un problème ethnique, religieux. Le Nord musulman contre le Sud Chrétien, les Bété contre les Dioula… La Côte d’Ivoire n’avait pas besoin de cette crise.

Le retour de la paix passe par la réconciliation. De tous les Ivoiriens. Et surtout en mettant aux oubliettes le concept de la discorde, l’ivoirité. Parce que, nécessairement, la Côte d’Ivoire saura se relever. Trouver sa voie. Celle de l’union.