Gaston Monnerville, la mémoire retrouvée

A l’occasion de l’année des Outre-mer, France 5 s’intéresse au destin de l’un de ses plus dignes représentants, Gaston Monnerville. Brillant avocat, résistant, député, sénateur puis président du Sénat, ce grand serviteur de la République, originaire de Guyane, reste pourtant méconnu. Vingt ans après sa disparition, sa mémoire est enfin honorée, un buste à son effigie est d’ailleurs sur le point d’être inauguré dans les jardins du Luxembourg.

La France a quelque peu oublié Gaston Monnerville alors qu’il fut pourtant l’un de ses plus fidèles serviteurs. Issu d’un milieu modeste, il naît à Cayenne en 1897 puis rejoint la métropole et commence des études d’avocat à Toulouse. Très vite, il se distingue par ses brillantes plaidoieries, notamment lors du procès, aux Assises de Nantes, des émeutiers de Cayenne qu’il parvient à faire acquitter.
Membre du Parti Radical de Gauche, il est élu à deux reprises député de Guyane dans les années 1930. Lorsqu’éclate la guerre, il s’engage dans la marine et assite au désastre de Mers-el-Kebir. Il est le premier à comprendre que le salut de la France, pendant la guerre, passe par les colonies. A la veille de la guerre, il persuade son ami Felix Eboué, autre Guyanais célèbre, d’accepter le poste de gouverneur au Tchad qui deviendra par la suite une terre d’accueil pour les troupes de la France libre. De son côté, Monnerville poursuit les combats dans les maquis d’Auvergne.

Après la guerre, il entre au palais du Luxembourg en tant que sénateur du Lot, puis est élu Président du Conseil de la République en mars 1947. Pendant vingt-deux ans, il est réélu à la présidence de cette seconde Chambre parlementaire qui reprend officiellement le nom de Sénat en 1958. S’il salue le retour de de Gaulle en 1958, Monnerville s’opposera au Général sur de nombreux points. L’abandon à leur sort des états africains, la réforme du mode d’élection du président de la République ainsi que la volonté de réduire le Sénat à un rôle consultatif sont autant de déceptions pour Gaston Monnerville. Après le départ de de Gaulle, Monnerville s’efface également peu à peu du jeu politique en résignant ses différents mandats. A partir de 1974, ce passionné de droit siège pendant neuf ans au Conseil Constitutionnel. Il s’éteint le 7 novembre 1991.

Pourquoi a-t-on relégué dans l’oubli cet homme d’Etat, petit-fils d’esclave, ce sang-mêlé né en Guyane, lui qui mérita de l’Outre-mer, de la nation et de la République ? Une question à laquelle tente de répondre ce documentaire.

Un film de André BENDJEBBAR & Alain MALINE, réalisé par André BENDJEBBAR
Une production Taïnos avec la participation de France Télévisions

 www.france5.fr