Gambie : Yahya Jammeh gracie 3 prisonniers sénégalais

Sous la pression des organisations de défenses de Droits de l’Homme et des autorités de Dakar, le Président gambien Yahya, Jammeh, a gracié une vingtaine de détenus, dont des Sénégalais, à la veille de la fête l’Aïd el-Fitr. Ces derniers étaient dans les couloirs de la mort pendant plusieurs années.

(De notre correspondant à Dakar)

Il s’agit d’Ibrahima Coly, Sidate Diadhiou et Babacar Doucouré, tous des Sénégalais arrêtés en Gambie pour espionnage, et coups et blessures volontaires. Selon l’ambassadeur du Sénégal en Gambie, Babacar Diagne joint par l’APS, « parmi les prisonniers graciés à l’occasion de la fête de Korité par le Président Yahya Jammeh, figurent trois Sénégalais. La nouvelle m’a été communiquée ce matin. J’ai appelé la prison de Mile Two et on m’a dit qu’ils ont été libérés jeudi soir. Moi-même j’entrerai en contact avec eux dès lundi. On m’a signalé qu’ils sont en bonne santé et en forme ». La libération d’Ibrahima Coly, Sidate Diadhiou et Babacar Doucouré a été annoncée vendredi par un communiqué émanant de la Présidence gambienne.

Selon toujours le représentant de l’Etat du Sénégal en Gambie, leur mise en liberté « est un pas de plus dans les bonnes relations entre Dakar et Banjul ». Avant d’ajouter que « cette décision de la Présidence gambienne émane de la réunion de commission mixte sénégalo-gambienne qui s’est très bien déroulée en juillet dernier, à Banjul ». Pour le moment, la Présidence gambienne n’a pas précisé les dates de l’arrestation de ces Sénégalais. Mais cette libération est intervenue le mercredi dernier à la veille de la fête l’Aïd el-Fitr.

Cependant, aucune information pour les autres détenus, en premier lieu Saliou Niang. Ce dernier ne jouissait pas de ses facultés mentales du fait des effets de la torture, selon un rapport d’Amnesty international.
Le 26 aout 2012, le Président Yaya Jammeh a procédé à l’exécution de 9 personnes condamnées à mort dont 2 Sénégalais. Il s’agit de Mme Tabara Samba et Djibril Bâ, tous poursuivis pour meurtre. Dans son rapport publié au mois de mai dernier, le représentant d’Amnesty international au Sénégal, Seydi Gassama, avait demandé la restitution des corps des deux Sénégalais exécutés, « afin qu’un enterrement digne leur soit offert par leurs familles », souligne-t-il. Ces exécutions ont soulevé une réprobation internationale et un isolement diplomatique de la Gambie qui a amené le Président Jammeh à décréter un moratoire conditionnel.