Gabon : vers un premier vaccin contre le paludisme

Au cours d’une conférence de presse organisée jeudi à l’hôtel Meridien de Libreville, le professeur Peter Gottfried Kremsner, parasitologue, directeur scientifique du centre de recherches médicales de Lambaréné (CERMEL), a annoncé la mise en place d’un vaccin RTS, S, qui réduit de moitié le nombre de cas de paludisme chez les jeunes enfants. Ce vaccin pourrait être sur le marché du médicament dès 2015. Bonne nouvelle pour l’Afrique.

Lé paludisme entraîne 660 000 décès en Afrique chaque année. La plupart des victimes sont des enfants. Pour renverser cette tendance, le centre de recherches médicales de Lambaréné a entrepris depuis de nombreuses années des travaux de recherches, en vue de la mise en place d’un vaccin anti-palu, au profit des bébés et des nourrissons. A en croire le professeur Peter Gottfried Kremsner, ces travaux conduits à Lambaréné et dans six autres pays africains par l’initiative MVI PATH et le laboratoire GSK, ont abouti à la fabrication du candidat-vaccin RTS, S qui réduit de moitié le nombre de cas de paludisme chez les jeunes enfants et d’un quart les cas chez les nourrissons.

Quelques jours auparavant, lors de la 6e conférence panafricaine sur le paludisme organisée par le groupe MIM (Multilateral Initiative on Malaria), le laboratoire britannique Glaxo SmithKline (4e mondial) et l’organisation internationale non-gouvernementale PATH ont publié un communiqué le mardi 8 octobre 2013, annonçant qu’au terme d’un suivi de 18 mois, le candidat-vaccin RTS,S produit des effets encourageants sur les jeunes enfants et les nourrissons. Une demande d’autorisation va être présentée en 2014 à l’Agence européenne du médicament (Londres), afin que l’OMS puisse éventuellement recommander l’utilisation du vaccin dès 2015, en tant « qu’élément additionnel, et non de remplacement » aux méthodes existantes de prévention.

Résultats encourageants

Les résultats d’une étude dite de « phase III » conduite depuis 2009 au Gabon et dans six autres pays d’Afrique dont le Burkina-Faso, le Ghana, le Kenya, le Malawi, le Mozambique et la Tanzanie, sur 15.460 enfants, et sur une période de suivi de 18 mois après la troisième dose de vaccin, ont démontré l’efficacité du candidat-vaccin RTS,S , selon le directeur du CERMEL. ‘’C’est le premier vaccin contre la malaria’’, a annoncé récemment le porte-parole du laboratoire GSK.

La Fondation Bill & Melinda Gates soutient financièrement la mise en place de ce vaccin. Espérons seulement qu’il obtiendra le quitus de l’agence européenne du médicament en 2014, afin que l’OMS puisse éventuellement recommander son utilisation dès 2015.