Gabon : trois journaux indépendants dans le collimateur du CNC

Les membres du Conseil national de la communication se sont réunis en plénière le 29 mai. Ce fut l’occasion pour ces derniers de distribuer des sanctions aux journaux indépendants dont certains comme Edzombolo, le Gri-Gri de la Griffe et la Calotte qui ont écopé de plusieurs mois d’interdiction de paraître.

(De notre correspondant)

La liberté de la presse au Gabon a encore pris un coup dur. Trois journaux indépendants viennent d’être sanctionnés par le Conseil national de la communication (CNC), au cours de sa plénière du 29 mai dernier. Il s’agit d’Edzombolo, du Gri-Gri de la Griffe et de La Calotte. Les deux premiers titres ont écopé de six mois d’interdiction de paraître, alors que le dernier sera réduit pendant deux mois au mutisme.

Ces titres sont accusés de verser dans l’outrage, l’injure, la calomnie et les insinuations malveillantes à l’endroit des institutions et des hautes autorités qui les incarnent ainsi que les paisibles citoyens.

Le journal Edzombolo est épinglé pour sa parution du 22 avril 2013 dans lequel il titre en Une : Le pouvoir criminel et pédéraste d’Ali. Dans cet article « l’auteur traite avec légèreté déconcertante la première institution du pays qu’est le président de la République, lequel est qualifié d’incompétent et décrié pour avoir institué un régime reposant sur le fétichisme et la pédérastie ».

Le Gri-Gri de la Griffe est mis en cause pour « l’indécence, la grossièreté et la vulgarité » du contenu de ses parutions et ce en « dépit des engagements pris par son directeur de publication lors d’une récente audition au conseil national de la communication ». La Calotte est accusée pour « calomnie et déformation des faits ».

Les journaux incriminés ont déjà fait l’objet de plusieurs sanctions allant de la mise en demeure jusqu’à l’interdiction de paraître pour une durée de six mois. C’est le cas par exemple d’Ezombolo qui, depuis 2007 a écopé de quatre interdictions de paraître pour une durée de six mois pour les mêmes motifs.

Le CNC a une fois de plus déploré les attaques répétées entre confrères par presse interposées, les injures et les autres invectives, toute chose contraire à l’esprit et la lettre de la charte des devoirs et droits des journalistes à laquelle « l’ensemble de la presse nationale avait pourtant librement adhéré ».