Gabon, relance : Ali Bongo inaugure le nouveau port d’Owendo

Ce samedi 14 octobre, Ali Bongo Ondimba, le président du Gabon, a inauguré le nouveau port international d’Owendo, près de Libreville. Une infrastructure flambant neuve et ultra-moderne destinée à abaisser les coûts des marchandises importés et à améliorer l’attractivité de l’économie gabonaise aux yeux des investisseurs.

Au sens premier du terme, à tout le moins, il s’agissait bien, ce samedi 14 octobre, d’une journée historique au Gabon. A la nuit tombante, le chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba a inauguré le « New Owendo International Port ». Une infrastructure qui avait été souhaitée par Léon Mba dans les années 1960, avant d’être édifiée sous Omar Bongo en 1974. Une généalogie que le président gabonais actuel n’a pas manqué de relever dans son discours.

Située à 18 km au sud de Libreville et opérationnelle depuis juin 2017, la plateforme portuaire du New Owendo International Port (NOIP), édifiée sur un gigantesque remblai gagné sur la baie d’Igoumé, à quelques encablures de l’historique terminal d’Owendo (1974) et du nouveau terminal minéralier de GSEZ, est la plus moderne en Afrique Centrale.

Elle se déploie autour d’un quai de 420 mètres équipé de deux grues fixes et de quatre grues-portiques mobiles pour deux positions d’amarrage. Un équipement, présenté comme « ultra-performant » par ses promoteurs, qui autorise le traitement de 150.000 conteneurs par an pour un temps d’escale réduit. Le nouveau port d’Owendo dispose également de quatre silos à grains et de sept citernes pour le stockage de l’huile de palme.

Multiplication par deux de la capacité portuaire du pays et baisse de 25 % du coût des marchandises importées

A l’heure où Ali Bongo travaille à relancer la machine économique gabonaise sous perfusion du FMI, cette inauguration tombe à pic. L’ouvrage a en effet vocation à multiplier par deux la capacité portuaire du pays et à diminuer le coût des marchandises importées (de l’ordre de 25 % en moyenne) et donc à permettre un gain de pouvoir d’achat pour la population gabonaise qui souffre de l’augmentation du coût de la vie.

« Cette nouvelle porte maritime vers l’extérieur va accélérer les échanges et générer une économie de plusieurs milliards par an qui devra être répercutée, in fine, sur les prix proposés aux consommateurs  », a tonné le chef de l’Etat. Le nouveau port a également, et en sens inverse, pour vocation d’accroitre la compétitivité des entreprises gabonaises exportatrices. Enfin, à en croire les responsables gabonais, un tel ouvrage est de nature à attirer davantage d’investisseurs dans ce pays d’Afrique Centrale, encore très dépendant du pétrole.

Un meilleur équilibre entre partenaires traditionnels et nouveaux acteurs

Construit en 18 mois – un temps record – pour un total de 181 milliards de FCFA (environ 250 millions d’euros), le « NOIP » est le fruit d’un partenariat public-privé entre un « Etat stratège », selon l’expression d’Ali Bongo dans son discours, Olam International et Africa Finance Corporation.

Pour le réaliser, l’Etat gabonais a fait plier le groupe Bolloré qui, jusque-là, bénéficiait de l’exclusivité de la gestion portuaire dans le pays. « Le nouveau port d’Owendo renforce la position du groupe Olam, très présent dans l’économie gabonaise notamment à travers l’huile de palme. Mais il est surtout le signe de la volonté de l’Etat gabonais de diversifier davantage ses partenariats dans le sens d’un meilleur équilibre entre partenaires historiques et nouveaux acteurs, notamment ceux venus des pays émergents  », souligne un professeur d’économie de l’Université de Libreville.

Pour nombre de commentateurs, l’inauguration du nouveau port d’Owendo marque une nouvelle phase du second septennat d’Ali Bongo Ondimba. La page politique – et diplomatique – ouverte depuis l’élection présidentielle de 2016, qui a donnée lieu à un bras de fer avec l’opposition, semble désormais avoir été tournée.

« Priorité à l’économique et au social  », nous confie un proche collaborateur du chef de l’Etat. Une nouvelle phase, en somme, également marquée par le retour du numéro un gabonais sur les réseaux sociaux. Après huit mois d’un long silence, ses comptes officiels sur Twitter ont été réactivés.