Gabon : les leaders de l’opposition interdits de quitter le territoire

Les autorités gabonaises empêchent les opposants de sortir du pays. La première victime de cette mesure a été Paul Mba Abessole, le chef du Rassemblement pour le Gabon (RPG). Il n’a pas pu s’envoler mercredi pour la Côte d’Ivoire.

Notre correspondant au Gabon

Le gouvernement gabonais vient d’interdire aux leaders de l’opposition de quitter le territoire national. Ils sont soupçonnés d’être à l’origine des émeutes qui ont éclaté à Libreville et à Port-Gentil la semaine dernière, après la proclamation des résultats de la présidentielle. Elle a été remporté par le candidat du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), Ali Bongo Ondimba, avec plus de 41 % des suffrages exprimés.

Le premier à tomber sous le coup de cette décision est le président du Rassemblement pour le Gabon (RPG), Paul Mba Abessole. Il voulait se rendre hier (mercredi) à Abidjan lorsque la police des frontières lui a interdit de monter dans l’avion.

Paul Mba Abessole, qui s’est indigné contre cette mesure restrictive des libertés, a affirmé que le Gabon est en train de régresser vers un Etat de dictature où les droits les plus élémentaires des citoyens sont pris en otage par les gouvernants.

Les émeutes ont fait au moins 10 morts

Le gouvernement a répliqué en expliquant que cette mesure, qui concerne également les leaders de la majorité présidentielle , vise essentiellement à permettre aux autorités compétentes d’établir les responsabilités des uns et des autres sur les violences post-électorales qui, selon le ministre de l’Intérieur, Jean François Ndongou, ont coûté la vie à 3 personnes.

Un bilan contesté par l’opposition dont les chefs estiment que ces violences ont fait plus de 10 morts à Port-Gentil. Ils ont d’ailleurs, au cours d’une récente conférence de presse à Libreville, souhaité la constitution d’un comité international d’enquête sur ces événements. Cette idée a été acceptée par les autorités gabonaises. Ces dernières sont convaincues que ce sont les leaders de l’opposition qui ont mis le feu aux poudres en invitant leurs militants à l’insurrection.