Gabon : les bulletins de vote brûlés avant le recomptage

Au Gabon, alors que la tension est toujours palpable après la réélection d’Ali Bongo à l’issue de la Présidentielle du 27 août dernier, le gouvernement annonce que tous les bulletins de vote ont été brûlés avant même le recomptage des voix.

Avant les résultats du recomptage des votes par la Cour Constitutionnelle du Gabon, dont l’annonce est prévu avant vendredi 23 septembre 2016, le gouvernement du Président Ali Bongo a annoncé que tous les bulletins de vote des élections présidentielles du 27 août au Gabon ont déjà été brûlés.

Dans une interview avec Foreign Policy, ce mercredi 21 septembre 2016 au soir, l’Ambassadeur du Président Ali Bongo aux Etats-Unis, Michael Moussa-Adamo, a confirmé que tous les bulletins de vote ont été immédiatement brûlés après le vote, précisant qu’il s’agit « plutôt un examen et une tabulation qu’un vrai recomptage ». L’Ambassadeur Moussa-Adamo a réitéré la menace lancé plus tôt dans la journée par le porte-parole du Président Ali Bongo, Alain-Claude Bilie, que « si Jean Ping franchit la ligne, il sera arrêté ». Dans l’interview, l’Ambassadeur Moussa-Adamo a également confirmé les informations faisant état que la délégation de l’Union Africaine a été refusé d’accès pour observer le recomptage de la Cour.

L’opposition gabonaise, sur la même longueur d’onde que l’Occident, demandait le recomptage des voix à l’issue des résultats du scrutin qui ont fini de créer la polémique et le chaos dans ce pays d’Afrique Centrale. Même le demi-frère d’Ali Bongo, Christian Bongo Ondimba, partageait cette position. « Je suis pour le recomptage des voix pour que tout cela s’arrête et qu’on puisse reprendre le débat sur les vrais sujets. Et la solution, c’est de clarifier. Je pense qu’il faut obligatoirement passer par cette clarification pour que la crise ne s’installe pas durablement. C’est nécessaire pour deux raisons : d’abord, cela permettrait oui ou non de valider les résultats finaux de la Présidentielle. Deuxièmement, puisque tout le monde veut connaître la vérité des urnes, allons au fond du problème, quitte à ce que les chiffres publiés soient vrais. L’opposition peut bien sûr introduire un recours. Mais selon moi, cette démarche n’est même pas nécessaire pour que l’on procède au recomptage manuel, bureau de vote par bureau de vote, procès-verbal par procès-verbal, notamment dans le Haut-Ogooué », avait lancé le demi-frère d’Ali Bongo.