Gabon : le gouvernement menace d’user de la réciprocité contre la France

Dans un communiqué publié le 6 août 2015, le gouvernement gabonais, condamnant fermement l’interpellation à Paris le 3 août dernier du directeur de cabinet du président Ali bongo, Maixent Accrombessi, a menacé d’user du principe de réciprocité à l’encontre des autorités françaises.

A Libreville,

L’interpellation à Paris de Maixent Accrombessi le 3 août dernier, dans le cadre d’une enquête judiciaire « pour corruption d’agent public étranger et blanchiment », risque de brouiller sérieusement les relations entre Paris et Libreville. Le 6 août 2015, le gouvernement gabonais a publié un communiqué dans lequel il menace d’user du droit d’appliquer le principe de réciprocité « dans le respect des usages diplomatiques ».

Le gouvernement gabonais a « condamné avec la plus vive énergie, cet acte de nature à ternir les relations d’amitié et de fraternité qui lient le Gabon et la France ». Un acte dont a été « victime un haut commis de l’Etat en plein exercice de ses fonctions ». L’exécutif « ne saurait demeurer à l’avenir sans réaction face à ces agissements devenus récurrents et qui portent atteinte à l’honneur du Gabon », avertit le gouvernement.

Dans un communiqué publié deux jours auparavant, la présidence de la République avait également condamné la garde à vue de Maixent Accrrombessi. L’opposition a appelé à la démission de l’intéressé, afin de se mettre au service de la justice.

Pour rappel, Maixent Accrombessi a été interpellé dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le 9 juillet 2007 pour « corruption d’agent public étranger » et « blanchiment ». L’enquête porte sur un contrat de 7 millions d’euros passé entre le ministère gabonais de l’Intérieur dirigé à l’époque par Clotaire Christian Ivala et la société MARCK spécialisée dans la confection d’équipements sécuritaires. Les enquêteurs français cherchent à savoir si la société MARCK a versé de l’argent au directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba en contrepartie de l’attribution du marché.