Gabon : la police réprime une marche exigeant la démission d’Ali Bongo

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Une marche de protestation a été organisée ce vendredi à Libreville par une dizaine de partis de l’opposition gabonaise qui réclament la démission d’Ali Bongo Ondimba du gouvernement de transition. Elle a été stoppée par les forces de l’ordre qui ont investi très tôt ce jeudi matin le carrefour Rio, où plusieurs centaines de manifestants s’étaient donnés rendez-vous, a constaté sur place Afrik.com.

Notre correspondant au Gabon

manifGabonII070809.jpgPlusieurs centaines de manifestants, rassemblés très tôt ce matin à Libreville, réclamaient le départ du ministre de la Défense nationale, Ali Bongo Ondimba, candidat à l’élection présidentielle du 30 août 2009. Ils sont descendus dans les rues sous l’instigation des leaders de l’opposition dont Pierre Mamboundou, de l’union du peuple gabonais, Zacharie Myboto de l’Union gabonaise pour la démocratie et la développement (UDGG), Bruno Moubamba et Casimir Oyé Mba, candidats indépendants à la présidentielle.

Les manifestants, qui défilaient aux cris de « Ali démission », « Ali dictateur », le « Gabon n’est pas une monarchie », se sont heurtés aux éléments de la police nationale massés sur place. Des échauffourées entre les partisans de l’opposition, munis de pierres et de gourdins, et les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de leurs matraques, se sont soldées par des blessés graves du côté des manifestants qui voulaient forcer le passage pour aller vers la présidence de la République, choisie comme point de chute des marcheurs.

manifGabonIII070809.jpgSelon des sources concordantes, cette manifestation n’a pas été autorisée par le ministère de l’Intérieur. La plupart des partisans de l’opposition rencontrés sur place ont dit vouloir le changement et être venus à l’appel de leurs leaders qui ont pu ainsi tester leur popularité, à quelques semaines seulement de l’échéance électorale. Les leaders de l’opposition qui ont cautionné cette marche devraient, selon certains analystes, assumer la responsabilité des conséquences car ils savaient que les manifestants se retrouveraient nez à nez avec les forces de police, souvent impitoyables en de telles circonstances.

Sur le plan juridique, aucun texte législatif n’interdit à ceux qui briguent le fauteuil présidentiel du Gabon d’exercer des fonctions gouvernementales. Mais l’opposition craint qu’en cas d’échec à la présidentielle, le fils du défunt président Omar Bongo Ondimba, qui est le patron de la Défense, n’utilise l’armée pour prendre le pouvoir par la force.