Gabon : la GOC finançait-elle l’analyste économique Mays Mouissy ?

Alors que l’enquête se poursuit à la direction générale des Recherches (DGR) et à la direction générale de la Contre-ingérence et de la sécurité militaire (B2) sur les malversations financières présumées de plusieurs hauts responsables de l’administration publique et des entreprises publiques, les Services spéciaux se demandent si, en plus du pamphlétaire Lanlaire et du chef de gang Gaël Ayouné, d’autres Gabonais de la diaspora n’ont pas perçu des fonds de la Gabon Oil Company (GOC).
 

3,8 milliards CFA (soit environ 57 millions d’euros) ! C’est le montant de la somme qu’aurait remise à des Gabonais de la diaspora le directeur général de la Gabon Oil Company, Christian Patrichi Tanasa (aujourd’hui en détention préventive à la prison centrale de Libreville)… Mais en échange de quels services ? Le mystère commence à se dissiper : non sans surprises ! 

Selon les premiers éléments de l’enquête, deux noms sont apparus -ceux de l’activiste Lanlaire autrefois proche de l’opposition, et de Gaël Ayouné, un chef de gang qui se présente comme le  »Général des Mapanes ». Bien que vivant au Gabon, ce  »Général en carton » fait souvent des incursions à Paris.  

Mais les enquêteurs se demandent si les journalistes Jonas Moulenda et Thibaut Adjatys ne font pas partie des  »activistes si chèrement payés ». Ils s’interrogent aussi sur le cas Mays Mouissy. Le nom de cet analyste économique et financier gabonais connu sur les bords de la Seine se trouve en effet sur les  »petits papiers » des services de renseignement. Ils rappellent que fin mai 2018, Mays Mouissy, recommandé par le Palais présidentiel gabonais, avait mené et présenté, lors d’une conférence de restitution, une étude sur ‘l’impact économique et social du groupe Olam-Gabon entre 2010 et 2017 ».

Mis à contribution pour cette étude, le cabinet Mays Mouissy Consulting avait estimé que le groupe Olam avait eu  »un impact structurant dans les secteurs d’activité où il intervient directement ou indirectement », et que cela s’était traduit par  »des résultants macroéconomiques encourageants ». Une appréciation positive qui pourrait bien trouver son explication dans les fonds dispensés par le même groupe… 

Pour les Services spéciaux, l’analyste économique pourrait avoir été financé par la GOC. Mais il reste que les preuves ne sont pas encore assemblées. Si elles venaient à l’être, Mays Mouissy devrait être amené à s’expliquer, comme pourraient devoir le faire Jonas Moulenda et Thibaut Adjatys notamment.