Gabon : la campagne bat son plein à 48 heures du scrutin

Les meetings politiques se multiplient à Libreville et à l’intérieur du pays à moins de 3 jours de la tenue des législatives du 17 décembre 2011. Les candidats du parti au pouvoir et ceux de l’opposition qui ont accepté d’aller aux urnes, font leurs dernières opérations de charme envers les électeurs. Mais on n’assiste pas aux véritables combats et débats politiques comme dans le passé, les principaux poids lourds de l’opposition ayant décidé de boycotter le scrutin.

Le chef de la majorité parlementaire, Premier ministre et vice-président du parti au pouvoir, Paul Biyoghé Mba a fait le tour de toutes les capitales provinciales, en vue de soutenir ses camarades du parti, en lice pour le scrutin du 17 décembre prochain. L’objectif du premier ministre est d’amener les populations à voter massivement pour les candidats du PDG, afin d’offrir une majorité parlementaire confortable au président de la république, Ali Bongo Ondimba, qui est à la 2e année de son magistère. L’avenir de son pouvoir est intimement lié aux résultats de ce scrutin, ce qui explique la forte implication de tous les cadres du PDG et de l’Etat dans cette campagne qui s’achève dans 48 heures.

André Mba Obame, Casimir Oyé Mba, Jean Eyeghé Ndong et Zacharie Myboto et d’autres opposants qui donnent du tournis aux leaders politiques du parti au pouvoir ne sont pas en lice. Ils ont invité leurs militants à ne pas participer aux opérations de révision des listes électorales, puis au vote du 17 décembre prochain. Certains d’entre eux ont fait récemment une tournée républicaine, afin d’appeler les électeurs à rester chez eux le jour du vote.

Mais à côté de ces leaders politiques, d’autres cadres de l’opposition, candidats au scrutin du 17 décembre sont également sur le terrain depuis le 7 décembre, jour d’ouverture de la campagne électorale, pour convaincre les populations, afin d’engranger un maximum de voix le jour du vote. Ils ne font sérieusement pas le poids, face aux cadres du PDG, plus aguerris et plus nantis. « La campagne est le moment où nous dictons notre loi aux hommes politiques. Nous votons pour ceux qui nous donnent de l’argent et des biens en nature. Nous sommes conscients qu’après les élections nous ne verrons plus jamais ceux pour qui nous voterons le 17 décembre. Ils font de la politique pour leurs ventres et il n’est plus question d’oublier aujourd’hui les nôtres’’, a confié Jean Pemba, électeur.

Si cette vision de la politique est partagé par une majorité de Gabonais, on va certainement vers une victoire du parti au pouvoir, qui possède plus de moyens financiers que les autres formation politique du pays. L’alternance politique n’est donc pas pour aujourd’hui au Gabon, le vote ne répondant pour l’instant à aucun critère objectif.