Gabon : la banque populaire en banqueroute

En cessation de paiement, la Banque populaire du Gabon ferme ses portes. Un liquidateur a été nommé et travaille à rembourser dans les plus brefs délais le solde des déposants.

La clé sous le paillasson. La Banque populaire du Gabon, plus communément appelée  » La Populaire « , est en cessation de paiement. Contraint de fermer ses portes par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobrac), l’organisme financier se met en devoir de rembourser les différents ayant droits. Un liquidateur est à pied d’oeuvre pour régler le bon déroulement de l’opération.

Créée en 1996, la Populaire, au capital de 830 millions de F CFA (8,3 millions de FF) détenue à 100% par ses clients, ambitionnait de devenir la banque du micro-épargnant. Une banque de proximité pour drainer les petits bas de laines du particulier où l’on pouvait ouvrir un compte avec 25 000 F CFA (250 FF) uniquement au lieu des 2 500 FF habituels. Elle a échoué dans son entreprise.

Epinglée pour mauvaise gestion

Les comptes ne sont pas sains. A la Cobrac, on fait état  » d’une gestion hasardeuse et peu avisée de la trésorerie « . Samson Ngomo, l’ex-patron de la Populaire, est sur la sellette. Il sera déclaré en état de faillite personnelle pour une durée de trois ans par le tribunal de première instance de Libreville.

La Cobrac nomme alors un administrateur provisoire pour tenter de redresser la barre et trouver des investisseurs pour renflouer le capital de la banque. Sans succès. La Banque populaire du Gabon, avec ses 3 740 comptes, est aujourd’hui porte close. Banqueroute.

Un liquidateur, Jean-Geo Pastouret, est nommé pour mener à bien le solde des différents déposants. Un calendrier, soumis à la Cobrac, sera bientôt défini. Il planifiera le remboursement des clients dans les plus brefs délais. Pour cela, il faut liquider les actifs de la banque. Problème : ils sont insuffisants. La trésorerie étant elle-même très fragile, la priorité de remboursement est donnée aux petits déposants. L’initiative était belle, l’échec amer, mais le divorce se fait heureusement à l’amiable.