Gabon : l’élection d’Ali Bongo confirmée

L’élection d’Ali Bongo Ondimba à la présidence de la République du Gabon a été confirmée lundi soir, sans surprise, par la Cour constitutionnelle, au terme d’un contentieux électoral marathon. Le candidat du PDG (Parti démocratique gabonais) succède donc officiellement à son père, Omar Bongo Ondimba, décédé le 8 juin dernier en Espagne.

Notre correspondant au Gabon

Ali Bongo Ondimba a obtenu 41, 79% de suffrages à la faveur du recomptage des voix, devant l’opposant historique Pierre Mamboundou qui a engrangé 25, 64% de voix. L’ancien ministre gabonais de l’Intérieur, André Mba Obame, qui était 2e selon les premiers résultats, a régressé d’une place, obtenant finalement 25, 33% des suffrages, selon la Cour constitutionnelle.

La Cour a rejeté 10 recours sur les 11 déposé par les candidats malheureux à la présidentielle du 30 août dernier, invoquant l’absence de preuve et le défaut de forme de certaines requêtes. Seul le vote des Gabonais vivant au Liban et en Iran a été annulé, mais sans changer grand-chose sur la configuration générale des résultats qui donnent le candidat du PDG largement vainqueur.

Selon des sources proches du parti au pouvoir, Ali Bongo Ondimba prêtera serment avant la fin de cette semaine. Et un nouveau gouvernement pourra alors être formé, afin de mettre en musique le projet de société du nouveau président élu du Gabon.

Une opposition toujours hostile

André Mba Obame a annoncé hier son intention d’entamer une grève de la faim pour dénoncer « le coup d’Etat électoral » et la dictature des autorités de Libreville. Estimant que « la mascarade continue », M. Mba Obama a déclaré que « le président Bongo nous avait laissé un pays qui avait des institutions crédibles, mais l’égoïsme, la mesquinerie (…), la soif effrénée de pouvoir des uns et des autres ont en quelques mois ruiné le travail accompli. »

Selon un responsable de l’Union du peuple gabonais (UPG), le parti de M. Mamboundou, autre grand perdant de l’élection présidentielle, Ali Bongo aura le plus grand mal à trouver le consensus nécessaire pour gouverner le pays car « personne n’est prêt à négocier avec lui ».

Le secrétaire général du PDG au pouvoir, Faustin Boukoubi, pour sa part, s’est félicité de l’issue du contentieux électoral, lequel a confirmé l’élection de leur porte-étendard, ajoutant que la réaction des perdants est « purement émotive » et que ces derniers ne tarderont pas à revenir à la raison.

Quant à la population, elle est restée pour l’instant très calme depuis la confirmation de ces résultats.