Gabon : heurts à Libreville après la mort de l’opposant André Mba Obame

L’opposant gabonais André Mba Obame s’est éteint des suites d’une longue maladie ce dimanche, à l’âge de 58 ans, à Yaoundé, au Cameroun. Des heurts ont éclaté dans la capitale gabonaise après l’annonce de son décès.

André Mba Obame a finalement rendu l’âme. Le décès de l’ancien ministre de l’Intérieur d’Omar Bongo est survenu ce dimanche à l’âge de 58 ans, à Yaoundé, au Cameroun, où il séjournait depuis près de deux mois. Il était atteint d’une hernie discale postéro-latérale qui s’est suivie d’une sciatique paralysante et hyperalgique.

Ancien docteur en sciences politiques, André Mba Obame était un natif de Medouneu dans le Haut Como, après avoir été l’un des principaux animateurs de l’opposition gabonaise à Paris. Il a intégré dès l’âge de 27 ans le cabinet du défunt président gabonais Omar Bbongo. A 33 ans, il a fait sa première entrée au gouvernement au titre de ministre de l’Agriculture. Depuis, il a assumé de nombreuses fonctions politiques et charges ministérielles. Après les élections de 2005, il a été nommé ministre de l’Intérieur, poste qu’il a quitté en juin 2009 pour occuper celui de la Coordination et du suivi de l’action gouvernementale.

Mais peu à peu son état de santé se dégrade et il est contraint de se retirer de la politique, notamment en 2013, où il quitte le Gabon pour pouvoir se soigner en Tunisie. Il se rend par la suite à Niamey, la capitale du Niger, avant de poser il y a quelques semaines à Yaoundé. Son décès porte un grand coup à l’opposition gabonaise. Alors même qu’on affirmait qu’il était en grande forme et préparait son retour en grande pompe dans le pays. André Mba Obame n’aura finalement pas eu le temps d’en découdre de nouveau avec le pouvoir. Lui qui se disait le digne et véritable héritier d’Omar Bongo Ondimba dont il entendait poursuivre l’œuvre.

Après l’annonce de son décès, des heurts ont éclaté à Libreville, la capitale gabonaise. Sa mort a en effet suscité la colère de ses partisans à Libreville, qui ont incendié des voitures et des bâtiments dont celui de l’ambassade du Bénin, selon des témoignages concordants. Ces partisans accusent le pouvoir de lui avoir jeté un sort qui aurait causé son décès, selon eux. La manifestation de colère a finalement été dispersée par un important dispositif policier.