Gabon : grogne à l’université Omar Bongo

Jeudi 26 septembre 2013, pourrait être appelé jeudi noir à l’université Omar Bongo (UOB) de Libreville. Ce jour, un groupuscule d’étudiants de la faculté de droit et des sciences économiques, mécontents de leurs résultats, sont montés au créneau, posant des barricades et brûlant des pneus à l’entrée de l’établissement. Il a fallu l’intervention musclée des éléments des forces de l’ordre pour ramener le calme au sein de l’institution.

(De notre correspondant à Libreville)

Après la dernière grève des enseignants qui a paralysé l’université Omar Bongo de février à avril 2013, on pensait que le calme était revenu au sein de l’institution universitaire, malgré soubresauts sporadiques des apprenants. Mais l’affichage des résultats du premier semestre de la faculté de droit et des sciences économiques, il y a quelques jours, est venu mettre de l’huile sur le feu. Les étudiants n’ont pas accepté les résultats affichés. Ils estiment être victimes des caprices de leurs enseignants et des sacrifiés d’un mauvais système d’évaluation. Ils ont incendié des pneus et chassé les
enseignants des salles de classe.

Les étudiants dénoncent le phénomène des MST

« Plus des 80% d’étudiants inscrits dans notre faculté ont échoué. Le système Licence-Master-Doctorat (LMD) est appliqué à géométrie variable. Il y a trop de désordre dans notre faculté. C’est maintenant que les résultats du premier semestre viennent d’être publiés, alors que nos collègues d’autres facultés et d’autres établissements universitaires s’apprêtent à débuter les cours pour une nouvelle année académique », s’est plaint un étudiant, sous le couvert de l’anonymat. Notre interlocuteur a dénoncé également le phénomène des notes sexuellement transmissibles (NST).

A ces raisons d’ordre pédagogiques, les étudiants évoquent également, pour justifier leur mouvement de colère, des arguments liés au non-paiement des bourses scolaires pour certains d’entre eux, pour cause d’échecs scolaires successifs. A cela s’ajoute « l’exclusion
arbitraire » de cinq de leurs camarades, sanctionnés par le conseil de
discipline de l’université.

Les enseignants dénoncent l’insécurité ambiante

Le mouvement de colère des étudiants a été rapidement maîtrisé par les éléments des forces de l’ordre déployés au sein de l’UOB. Les hommes en tenue ont dû utiliser des bombes lacrymogènes pour disperser les apprenants, qui se livraient déjà aux actes de vandalisme au sein l’institution académique.