Gabon : graciés, 261 prisonniers échappent à « l’enfer carcéral »

La journée du 4 septembre 2013 a été une journée de joie pour 261 prisonniers de la prison centrale de Libreville. Ils ont été remis en liberté après avoir été gracié par le chef d’Etat gabonais.

De notre correspondant à Libreville

La prison centrale de Libreville a été mercredi le théâtre d’une cérémonie de remise de peine à 261 détenus. Après avoir été gracié par le Président gabonais Ali Bongo, ces derniers ont retrouvé aussitôt la liberté et la joie de vivre au sein de leurs familles respectives, loin des matons. Ils étaient âgés de 20 à 45 ans. Parmi eux, figuraient six femmes.

Avant de sortir de l’enceinte de la prison centrale, les graciés ont reçu les conseils de l’avocat général, près de la cour judiciaire de Libreville, Emile Kandiri : « Nous ne voulons plus avoir à vous retrouver ici. Sachez que la prison n’est pas un lieu où il faut aller et revenir tout le temps. Vos familles et le pays tout entier ont besoin de vous dans d’autres conditions que celles de détenus. J’ose croire que cette grâce présidentielle servira à vous faire prendre conscience de la chance que vous avez, lors qu’on sait que des gens se retrouvent généralement dernière les barreaux, sans aucune chance de pouvoir en sortir un jour».

La grâce présidentielle est accordée au Gabon aux détenus de droit commun et n’ayant subi aucune sanction disciplinaire durant le temps de leur incarcération. Elle ne peut être accordée à ceux qui sont condamnés entre autres, pour coups mortels, homicide volontaire, détournement de fonds publics, vol à main armée, vol avec violence, empoisonnement, viol, abus sexuel sur mineur de moins de 15 ans, trafic d’enfants et production ou exportation illicite de stupéfiants.

La prison centrale de Libreville, appelé « Sans Famille» par les Librevillois est réputée pour être un lieu très dangereux et les conditions de détentions y sont très difficiles, en raison notamment de la surpopulation carcérale. Elle est devenue également depuis quelques années un haut lieu de trafic de stupéfiants. Y sortir est pour de nombreux détenus, synonyme de l’échappée de l’enfer.