Gabon : du pétrole dans le sous-sol mais pas de gasoil dans les stations services


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Une pompe à carburant
Une pompe à carburant

Les automobilistes du Grand Libreville cherchent du gasoil depuis vendredi et les stations rationnent leurs ventes. Le gouvernement attend un navire d’importation ce samedi 3 octobre et promet un retour progressif à la normale dimanche. L’épisode rappelle qu’une partie du carburant consommé dans ce pays producteur de brut arrive de l’étranger.

Dans un communiqué publié vendredi 2 octobre, le ministère du Pétrole et du Gaz annonce l’arrivée d’un navire d’importation dans la soirée du samedi 3 octobre. Le réapprovisionnement des stations du Grand Libreville doit permettre un retour progressif à la normale à partir du dimanche 4 octobre. Le ministère invoque « une diminution des stocks disponibles » chez les marketeurs, les sociétés qui commercialisent les carburants, sans en préciser l’origine. Pour tenir jusqu’à la livraison, les autorités ont mis à la disposition des distributeurs des volumes de la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP) et instauré un rationnement temporaire.

Vendredi, Gabon Media Time décrivait de longues files d’attente devant plusieurs stations, notamment celle de Gab’Oil à l’échangeur de Nzeng-Ayong. Selon L’Union, certains points de vente plafonnaient les achats à 10 000 francs CFA par véhicule, et l’attente dépassait parfois deux heures.

Une raffinerie qui ne suffit pas au marché intérieur

Le Gabon extrait du brut, mais sa raffinerie ne couvre pas toute la demande en carburants. La Société gabonaise de raffinage (SOGARA), à Port-Gentil, traite environ 1,2 million de tonnes de brut par an, selon l’Association africaine des raffineurs et distributeurs (ARDA). Depuis 2020, elle est aussi chargée d’importer des carburants lorsque sa production ne suffit pas aux besoins du pays.

Le navire attendu samedi relève de ce dispositif. La marge de sécurité du pays tient donc au volume des stocks disponibles entre deux cargaisons et il suffit qu’un bateau prenne du retard ou que la consommation dépasse les prévisions pour que les stations se vident.

Libreville a déjà connu ce scénario. En juillet 2024, lors d’une précédente pénurie, le ministère attendait lui aussi l’arrivée d’un navire et avait évoqué un incident technique, rapportait alors L’Union.

Sans hausse des prix à la pompe, la pénurie se paie en temps. Chauffeurs de taxi, livreurs et petits transporteurs voient leur journée amputée par l’attente. Des opérateurs économiques interrogés par Gabon Media Time disent envisager de suspendre leur activité si la situation se prolonge. Dimanche permettra de vérifier si le calendrier annoncé par le ministère est tenu.

Moderniser la SOGARA, un projet encore au stade des études

Le 14 avril, Technip Energies a annoncé deux contrats d’ingénierie d’avant-projet (FEED) avec la SOGARA. Le premier vise à désengorger les installations existantes, avec notamment l’ajout de quatre bacs de stockage et d’une unité d’adoucissement du kérosène. Le second porte sur un complexe modulaire d’hydrocraquage destiné à augmenter sensiblement la capacité de raffinage, complété par une jetée maritime et des installations de déchargement.

Les quatre bacs prévus répondent directement à la difficulté de cette semaine, puisque davantage de stockage donne plus de temps pour attendre une cargaison. Mais ces études précèdent la décision d’investissement, qui n’a pas encore été annoncée. Tant qu’elle n’est pas prise, le Grand Libreville restera tributaire des navires pour une partie de son gasoil.

Hélène Bailly
Spécialiste de l'actualité d'Afrique Centrale, mais pas uniquement ! Et ne dédaigne pas travailler sur la culture et l'histoire de temps en temps.
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