Gabon : des législatives sans biométrie

Dans une déclaration publiée le 7 juin, le Premier ministre Paul Biyoghé Mba, prenant acte de la décision de la Cour constitutionnelle, a confirmé l’organisation des législatives sans biométrie, avant la fin de cette année, conformément aux dispositions légales et règlementaires en vigueur. Et ce, au grand dam de l’opposition.

De notre correspondant

« Le gouvernement de la république prend acte de la décision de la Haute Juridiction. Cette décision ne peut faire l’objet d’aucun recours. En conséquence, le gouvernement va organiser les prochaines élections législatives conformément aux dispositions légales et règlementaires en vigueur’’, peut-on lire dans la déclaration du Premier ministre Paul Biyoghé Mba.

Paul Biyoghé Mba a tenu également dans cette déclaration à réaffirmer aux acteurs politiques et à l’ensemble des citoyens la ferme volonté du gouvernement à promouvoir et à renforcer la transparence électorale à chacune des étapes du processus électoral.

« Le gouvernement se déclare également déterminé à œuvrer, pour l’introduction, dans un avenir proche, de la biométrie dans le processus électoral en s’assurant préalablement des capacités financières et humaines qu’exige l’appropriation de cette technologie’’, a-t-il poursuivi.

Dans l’immédiat, il a déjà convoqué avant la décision de la Cour constitutionnelle, la commission mixte paritaire du Parlement à l’effet de l’adoption en termes identiques de la proposition de loi fixant les limites de l’usage de l’informatique, loi qui conditionne la mise en œuvre de la biométrie.

Par ailleurs, a rappelé M. Biyoghé Mba, des instructions ont été données au ministre de l’intérieur, de prendre contact avec toutes les parties prenantes aux élections pour mettre en œuvre le processus électoral conformément aux dispositions légales et règlementaires y relatives.

« Le gouvernement s’engage à assurer un scrutin serein, libre, crédible, juste et transparent’’, a rassuré le Premier ministre, ajoutant que la quête permanente pour la paix et le développement durable du Gabon constituent pour le gouvernement un objectif majeur qui l’oblige en particulier à organiser des élections en totale transparence.

Les cadres de l’union du peuple gabonais (UPG, opposition), réunis la semaine dernière à Libreville, ont estimé que la requête formulée par Paul Biyoghé Mba auprès de la Cour constitutionnelle, en vue d’un report de cette élections, afin de permettre l’introduction de la biométrie dans le processus électoral, s’est faite de façon précipitée.

En effet les dirigeants du parti que dirige Pierre Mamboundou pensent que le gouvernement n’a pas mis toutes les chances de son côté avant la saisine de la Haute Juridiction. Une autre partie du peuple, proche de l’opposition radicale avance même que les barons du parti au pouvoir qui récusent l’utilisation de la biométrie dans le processus électoral ont fait les choses sciemment, sachant d’avance que la Cour constitutionnelle rejetterait la requête du gouvernement.