Fraude électorale en Guinée : le conseiller juridique de la CENI démissionne

Le conseiller juridique de la commission électorale nationale indépendante (CENI), Me Fodé Abass Bangoura, a rendu son tablier et s’en expliqué longuement au cours d’une conférence de presse tenue ce mardi à la Maison de la presse de Conakry. Il dénonce de graves irrégularités, la violation du code électoral, et surtout des pressions extérieures.

Notre correspondant en Guinée

Ce mardi devant la presse, pour justifier sa décision de quitter la CENI, Me Fodé Abass Bangoura a exposé les graves irrégularités et les violations graves du code électoral qui ont entaché le scrutin présidentiel. Il évoque précisément la violation de l’article 162 dudit code qui prévoit qu’« au vu de tous les procès verbaux des commissions administratives de centralisation, la CENI effectue le recensement général des votes. Si au cours du recensement général des votes, il apparait que l’incohérence des résultats figurant dans les procès verbaux, rend ceux-ci inexploitables, ou si les procès verbaux sont entachés d’un vice substantiel affectant la sincérité de leur rédaction, le président de la CENI, après vérification des procès verbaux de vote, en prononce la nullité par décision formelle. Dans ce cas, le nombre d’inscrit sur les procès verbaux déclarés nuls, n’est pas pris en compte dans la récapitulation des votes. Au terme de cette récapitulation générale, le président de la CENI dresse un procès verbal qu’il transmet sans délai à la cour constitutionnelle », a rappelé Me Abass Bangoura.

S’agissant des irrégularités, le conseiller juridique de la Commission electorale nationale independante (CENI) a révélé également que 140 procès-verbaux de Matoto ont été annulés sous prétexte que la machine ne les a pas validés.

Le conseiller juridique démissionnaire de la CENI a aussi dénoncé des pressions extérieures. Me Abass Bangoura a déclaré qu’il ne pouvait accuser personne nommément puisqu’il n’avait aucune preuve. Toutefois, il a fait savoir que, lors des opérations, le président de la CENI disait sans cesse : « le président m’appelle ».

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