France : refus de l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le dossier Sankara

Le « Réseau international Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique » a indiqué dimanche que le président de l’Assemblée nationale française, Claude Bartolone, avait refusé l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire en France sur les conditions de l’assassinat de l’ancien président Thomas Sankara.

Une requête du « Réseau international Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique » avait été déposé auprès du président de l’Assemblée nationale française, Claude Bartolone, pour l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur l’assassinat de Thomas Sankara. Elle a été refusée, a annoncé dimanche l’organisation dans un communiqué transmis à la presse.

Claude Bartolone indiquant « souhaiter que la lumière soit faite sur cette affaire » a refusé cette requête, arguant « qu’une telle commission d’enquête n’aurait aucun pouvoir pour conduire des investigations dans un autre Etat » et que la procédure judiciaire en cours au Burkina Faso lui apparaissait être « l’instrument juridique le plus approprié pour rechercher les responsables de cette affaire ».

Plusieurs témoignages font état d’une implication française, selon l’organisation

La demande d’ouverture d’une enquête en France avait été transmise à tous les députés de l’Assemblée nationale française et au président de l’institution dans deux courriers. La première demande, qui datait du 30 avril, était signé par 25 députés du Conseil national de Transition du Burkina Faso, et la deuxième, du chef du groupe parlementaire des organisations de la Société civile au nom de 25 députés du groupe.

« Seule l’existence d’une procédure judiciaire en France est à même, selon les règles de l’Assemblée nationale, d’empêcher une commission d’enquête parlementaire. Or, une telle procédure n’existe pas », a répliqué l’organisation informelle présidée par Bruno Jaffré. Elle a indiqué que plusieurs témoignages faisaient état d’implications françaises dans la mort de l’ancien chef d’Etat burkinabè. Prenant l’exemple de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Patrice Lumumba, elle a déclaré que c’est une enquête parlementaire au sein du parlement belge qui avait révélé les détails de cette mort.

Mariam Sankara, la veuve de l’ancien nationaliste burkinabè, récemment entendu par la justice de son pays, avait aussi évoqué des responsabilités de la France dans l’assassinat de son mari.