France, Racisme : Benzema clashe Deschamps, les politiques réagissent

Les propos de Karim Benzema sur Didier Deschamps faisant allusion au racisme, ont fait réagir la classe politique. AFRIK.COM reprend l’intégralité des réactions recueillies par L’Equipe.

Au cours d’un entretien avec le quotidien espagnol Marca Karim Benzema a évoqué sa non-sélection pour l’Euro. Après les propos d’Eric Cantona, accusant Didier Deschamps de ne pas avoir pris Benzema et Ben Arfa pour leurs origines nord-africaines, l’attaquant du Real Madrid a pris la balle au rebond. A la question de savoir « si Didier Deschamps est raciste, comme le suggère Eric Cantona », Benzema a répondu « Non, je ne le pense pas ». Seulement, il va préciser que « Deschamps a cédé sous la pression d’une partie raciste de la France. Il faut savoir qu’en France le parti d’extrême droite est arrivé au deuxième tour des dernières élections. Mais je ne sais pas si c’est une décision individuelle de Didier, car je m’entends bien avec lui, et avec le président. Je m’entends bien avec tout le monde ». Sortie qui est loin d’être du goût des politiques français qui recadrent le joueur. Propos recueillis par L’Equipe.

Patrick Kanner, ministre des Sports

« Je peux comprendre le dépit ou la déception de Karim Benzema mais en aucun cas ses propos ne peuvent être acceptables par rapport à ce qu’est la personnalité et aussi les choix sportifs qui ont été ceux de Didier Deschamps. Je demande du calme, je demande qu’on se concentre sur la compétition et qu’on se rassemble surtout derrière les Bleus. C’est ce qu’attendent aujourd’hui les 23 sélectionnés, ce sera ma préoccupation dans les jours qui viennent. Arrêtons la polémique qui vraiment n’a pas lieu d’être ».

Thierry Braillard (PRG), secrétaire d’Etat chargé des Sports, sur Twitter

« Cette polémique n’a pas lieu d’être», a-t-il ajouté sur BFM TV, estimant qu’il n’y avait «absolument pas de racisme dans cette fédération» et que les choix de Didier Deschamps n’étaient basés que sur «les compétences et des critères techniques».

François Fillon (Les Républicains), ancien Premier ministre, sur RTL

« Je trouve ça insupportable. D’abord parce que le sélectionneur est souverain dans ses choix. Ensuite parce que le fait de ramener en permanence les problèmes du pays à des questions de race, de religion, d’ethnies et de communautés n’est pas un signe de bonne santé.»

Nathalie Kosciusko-Morizet (LR), députée, sur France Info

« C’est inacceptable, parce que la question de la discrimination, la question du racisme sont des sujets sérieux qui n’ont pas à être instrumentalisés dans un conflit personnel. Et puis c’est pire que ça, parce que c’est l’image de la France, c’est l’image de l’équipe de France qui sont en cause. L’équipe de France, il n’y a qu’à la regarder, le sélectionneur, la Fédération ne sont pas susceptibles d’être accusés de racisme ».

Jean-Marie Le Guen (PS), sur Radio Classique et LCI

« Ne rentrons pas dans une dramaturgie. Je pense que Benzema, chacun le comprend bien, parle aux Espagnols pour expliquer ne pas avoir été retenu dans les conditions que l’on sait. C’est un peu une utilisation. Je trouve ça dommage. C’est quand même incroyable. On peut ne pas être d’accord avec M. Deschamps. Mais est-on obligé… Carton jaune, quoi ».

Nathalie Iannetta, conseillère sports de François Hollande, sur Twitter

« A toutes fins utiles je rappelle que la seule couleur de l’équipe de France, c’est le bleu ».

Benoît Hamon, député PS, sur Europe 1

« Benzema a raison de dire que nous sommes dans un pays ou le racisme augmente. Donc un, Deschamps n’est pas raciste, je ne pense pas que (le président de la FFF Noël) Le Graët le soit non plus, je suis même certain du contraire, je le connais bien, mais il y a un sale climat dans ce pays sur ces questions-là. Il dit qu’il y a un climat qui amène beaucoup de Français hélas à se choisir un bouc émissaire. Les boucs émissaires ont toujours, toujours la même tête ».