
À Paris, l’Égyptienne Mayar Sherif est la seule joueuse, ou joueur, du continent admise dans les tableaux principaux du simple. Issue des qualifications, elle entame mardi 26 mai son sixième Roland-Garros face à la Hongroise Dalma Galfi.
Cette année à Roland Garros, le tennis africain s’est rétréci à une seule trajectoire, et elle aboutit Porte d’Auteuil. Après l’élimination du Sud-Africain Lloyd Harris au deuxième tour des qualifications, Mayar Sherif porte seule les couleurs du continent dans le Grand Chelem parisien. La native du Caire, 130e mondiale, est aussi l’unique Africaine du tableau féminin.
Sa qualification n’a rien d’une formalité. Tête de série n°9 des qualifications, l’Égyptienne a dû enchaîner trois tours, dont un marathon de plus de trois heures face à l’Italienne Martina Trevisan, ancienne demi-finaliste du tournoi. Elle a conclu son parcours préliminaire jeudi 22 mai par une démonstration face à la Belge Greet Minnen (6-3, 6-0) en un peu plus d’une heure.
31e mondiale il y a trois ans
Le passage par les « qualifs » est un détour inhabituel pour celle qui culmina à la 31e place mondiale il y a trois ans. Une saison contrariée avec un changement de matériel mal négocié, a fait glisser l’Égyptienne hors du top 100. À une place près sur la liste d’entrée, elle aurait rejoint directement le tableau final.
La terre battue parisienne reste pourtant son terrain. Formée en Espagne, où elle s’est installée à l’adolescence faute d’infrastructures comparables en Égypte, Sherif a bâti l’essentiel de son palmarès sur ocre. Son jeu — lift lourd, couverture de court patiente, capacité à étirer les échanges — trouve à Paris des conditions qui lui conviennent.

Mardi 26 mai, sur le court n°8, elle retrouvera Dalma Galfi, 117e mondiale. Le tirage est ouvert, sans favorite évidente entre deux joueuses installées aux portes du top 100. Au-delà du résultat, la présence isolée de Sherif rappelle l’écart persistant entre l’émergence ponctuelle de quelques individualités africaines et l’enracinement d’une véritable filière continentale. Depuis l’âge d’or d’Ons Jabeur, finaliste à trois reprises en Grand Chelem, la relève tarde à pointer à la porte des tableaux finaux.



