France Ô débarque sur la TNT Ile-de-France

France Ô, chaîne de l’Outre-mer et de la diversité, déjà présente via le satellite et l’ADSL sur l’ensemble du territoire français, est diffusée à partir de ce lundi 24 septembre sur la TNT (Télé numérique terrestre), en région parisienne. Un élargissement d’audience grâce auquel elle entend mieux répondre aux attentes multiculturelles du public français.

France Ô, anciennement RFO Sat, est née il y a trois ans. A partir de ce lundi 24 septembre, la chaîne du groupe France Télévisions est disponible sur le canal 20 de la TNT Ile-de-France. Elle touche désormais plus de 10 millions de téléspectateurs franciliens. Walles Kotra, directeur délégué de la chaîne, explique à Afrik.com quels sont les objectifs, les moyens et les programmes de la chaîne.

Afrik.com : A partir du 24 septembre, France Ô est disponible gratuitement pour tous les téléspectateurs d’Ile-de-France. Que représente ce changement pour la chaîne ?

Walles Kotra :
Il est important pour nous parce qu’il engendre un élargissement de notre audience. C’est aussi une reconnaissance pour France Ô, car on vient de loin. D’abord nous avons été sur le câble et le satellite, pendant 6 heures, 9 heures… et maintenant nous sommes en Ile de France, 24 heures sur 24, où nous avons un potentiel de 10 millions de téléspectateurs. De plus, ce changement nous a obligé également à affiner notre grille.

Afrik.com : Pourquoi n’êtes-vous diffusés qu’en Île-de-France ?

Walles Kotra :
On espère que ça ne va pas s’arrêter là, qu’on va bientôt être relayés dans d’autres bassins de population, car pour une chaîne publique il est difficile de justifier que certains téléspectateurs français bénéficient de nos programmes et d’autres pas. Cette limitation actuelle est d’abord liée à des problèmes d’ordre budgétaire. Cependant, il faut se rappeler les différentes étapes par lesquelles est passée la chaîne : le câble, le satellite, une diffusion horaire limitée… Donc, après l’Île-de-France, il devrait y avoir Lyon, Marseille, Bordeaux, etc. Nous faisons partie du groupe France Télévisions dont la volonté est claire. Nous serons bientôt sur l’ensemble du territoire. Mais le calendrier n’est pas encore fixé.

Afrik.com : En terme de programmes, quels changements le passage sur la TNT vous a amenés à faire ?

Walles Kotra :
La première priorité a été, pour nous, de préciser notre concept. On arrive sur une plate-forme où il y a beaucoup d’images, donc il y a nécessité à préciser notre identité. Nous défendons l’idée que les deux mamelles de la chaîne sont les Outre-mers et la diversité. Les Outre-mers, ce sont nos racines, et la diversité, notre horizon. On veut parler de la diversité, mais pas sans les Outre-mers qui sont nos racines multiples, sur les plans géographiques, culturels, religieux… Une richesse qui fait que nous avons un regard particulier sur la France et le monde. Notre programmation n’a pas été faite à partir d’un marketing de cible, mais à partir de nous, de notre regard. Donc il y aura beaucoup d’espaces de débat parce qu’on veut voir des gens différents s’exprimer, des gens qu’on n’a pas l’habitude de voir ailleurs. Et dès ce lundi, tous les jours sera diffusé Toutes les France, une émission emblématique de ce que nous voulons faire, animée par Ahmed El Keiy, le rédacteur en chef de Beur FM. Sur une question d’actualité, trois, quatre, cinq personnes échangeront autour de lui. Nous avons aussi une émission débat qui s’appelle L’hebdo, et Studio M dans laquelle on découvre les itinéraires des invités qui échangent autour de Marie-José Ali. C’est important d’avoir des espaces de parole ! Le deuxième point fort de cette rentrée tient dans le fait que, pour la première fois, nous organisons la coproduction et la diffusion d’une série, Baie des Flamboyants, qui se passe dans un univers qui nous ressemble. Elle a été tournée en Guadeloupe. Pour la première fois, on a essayé de faire quelque chose qu’on souhaiterait voir : la France d’aujourd’hui, un univers métis. Enfin, le troisième axe sur lequel nous avons travaillé, en terme de programmes, est celui des documentaires. On veut renforcer ce domaine, car il nous permet de rentrer dans des univers. Par exemple, tous les dimanches, on fait une soirée Afrique.

Afrik.com : France Ô fait partie de RFO, spécialisé dans l’Outre-mer français. Pourquoi cette volonté de s’ouvrir à d’autres régions et d’autres populations ?

Walles Kotra :
RFO étant très présent dans l’Outre-mer, lorsqu’on fait une chaîne diffusée en Métropole, on ne peut pas faire l’impasse sur la diversité. Nous voyons la France avec le regard de la diversité. Ce serait marginaliser l’Outre-mer que de ne faire qu’une chaîne de racines. L’outre-mer est présent, mais il est ouvert aux autres. Par exemple, jeudi prochain, nous organisons une thématique sur les Aborigènes d’Australie. Nous traiterons aussi de la question du pétrole au Nigeria. Pourquoi cette question ne nous intéresserait-elle pas ? Notre regard sur la France aussi est important. Par exemple, il y un débat sur l’Islam au niveau national. Il est important d’avoir le point de vue de Mayotte et la Réunion qui, depuis plus de 100 ans, vivent cette réalité…

Afrik.com : Avez-vous réussi à obtenir un budget en rapport avec vos ambitions ?

Walles Kotra :
Nous devons avoir l’un des budgets les moins importants du câble et du satellite. Mais par notre histoire et ce qu’on a vécu, on se dit qu’avec ce qu’on a il faut faire le maximum possible. Avançons un pas après l’autre, et offrons une programmation crédible. Nous avons la volonté de gérer au mieux, de trouver une économie pour faire ce qu’on souhaite, dire ce qu’on a dans les tripes. Et la grille qu’on propose est crédible. Elle a un sens dans la France d’aujourd’hui.

Afrik.com : Quelles sont vos ambitions en terme d’audience ?

Walles Kotra :
Nous essayons de faire le programme le plus cohérent possible, de faire ce l’on ressent et qui nous ressemble. Nous souhaiterions que France Ô trouve sa place comme toutes les chaînes de France Télévisions, qu’elle ne soit pas dans un ghetto. Nous ne voulons pas rester une chaîne marginale.

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