France : l’Assemblée entérine la revalorisation des pensions des anciens combattants des ex-colonies

Les députés français ont entériné à l’unanimité la revalorisation des pensions des anciens combattants des ex-colonies françaises. Ils sont 84.000 à être concernés par cette mesure, à condition qu’ils réclament leur du.

C’est désormais officiel, les pensions des anciens combattants des anciennes colonies françaises seront revalorisées à compter du 1er janvier 2007. Dans le cadre du budget de l’année à venir, les députés ont adopté, mercredi, à l’unanimité l’amendement proposé par le gouvernement. Ce sont 84.000 anciens combattants issus de 23 pays qui sont concernés par la mesure : 57.000 au titre des retraites et 27.000 à celui des pensions d’invalidité.

« La retraite du combattant et les pensions militaires d’invalidité seront égales pour tous les anciens combattants de l’armée française qu’ils soient de nationalité française ou de nationalité étrangère », a annoncé Hamlaoui Mekachera, le ministre délégué aux Anciens combattants. Ces derniers pourront bénéficier de la revalorisation à condition qu’ils en fassent la demande. La mesure devrait coûter 110 millions d’euros au gouvernement français.

45 ans de « cristallisation »

Le vote de l’Assemblée met fin à 45 ans de « cristallisation » (gel) des pensions de ces soldats issus des ex-colonies de la France, intervenue au lendemain des indépendances. Et constitue un épilogue heureux à la prise de conscience qu’avait suscitée le film Indigènes du cinéaste franco-algérien Rachid Bouchareb auprès de Jacques Chirac, le président français. La fiction, réalisée en hommage à la bravoure de ces hommes qui se sont battus et sacrifiés pour leur « mère-patrie », dénonce également les injustices dont ils ont été victimes.

Les députés n’ont cependant pas donné leur aval à la création d’un fond de soutien de 5 millions d’euros pour les veuves des anciens combattants. Hamlaoui Mekachera a tout de même obtenu des parlementaires que l’enveloppe des crédits sociaux de l’Office national des anciens combattants (ONAC), en faveur de ces veuves, soit augmentée du double de la somme prévue, soit un million d’euros.