Françafrique : le gouvernement gabonais surpris des propos de Jean-Marie Bockel

L’intervention de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat français chargé de la Coopération et de la Francophonie, a surpris les autorités gabonaises d’après un communiqué officiel du conseil des ministres de ce jeudi.

Les autorités gabonaises ont exprimé, jeudi, « leur surprise » face aux propos de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat français chargé de la Coopération et de la Francophonie, qui exhortait le président Nicolas Sarkozy à en finir avec les dérives de la Françafrique lors de ses vœux à la presse. Dans un communiqué officiel publié à la suite du conseil des ministres, présidé par Omar Bongo Ondimba, les Gabonais ont estimé que « le secrétaire d’Etat a tenu un certain nombre de propos qui ne sauraient laisser sans réaction les partenaires africains de la France ». Le gouvernement gabonais a donc fait part de « sa surprise » en constatant que, « depuis l’arrivée à la tête de la France du président Nicolas Sarkozy, (sont) véhiculés a un tel niveau de responsabilité des clichés méprisants faisant des Etats africains de vulgaires mendiants sollicitant sans fin l’aumône de la France ».

L’Afrique peut trouver « des partenaires plus respectueux »

« Le Gabon s’étonne de cette attitude d’autant plus inacceptable quand on sait les avantages que tirent la France et les autres Etats occidentaux de leurs rapports économiques avec notre pays depuis toujours, avantages mutuels par ailleurs », poursuit le communiqué. « Et, si la France estime que l’Afrique lui coûte cher, il lui revient souverainement d’en tirer les conclusions sans être obligée de se justifier de façon aussi péremptoire. Car, l’Afrique saura trouver assurément, des partenaires plus respectueux de la dignité de ses peuples et de la souveraineté de ses Etats. »

Les autorités gabonaises conseillent par conséquent « aux partisans d’une certaine rupture en France » de « rompre avec l’arrogance qui a souvent marqué leurs rapports avec l’Afrique ». Elles notent par ailleurs que les propos de Jean-Marie Bockel dénotent « l’ignorance des réalités de la coopération franco-africaine ». Des « réalités » qu’ont mises en exergue l’affaire Elf, impliquant la multinationale pétrolière, qui a défrayé la chronique judiciaire en France, notamment au démarrage du procès en 2003.

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