Flou électoral au Cameroun

Les Camerounais sont invités, dimanche, à se rendre aux urnes pour élire leurs députés et leurs conseillers municipaux. Sans grande surprise, le vote devrait reconduire la majorité actuelle. L’organisation du scrutin fait naître des doutes chez les observateurs internationaux.

Dimanche prochain, les Camerounais sont invités à se rendre aux urnes pour élire les 180 députés de l’Assemblée nationale et les 384 conseillers municipaux du pays. Sans grande surprise, ces élections devraient sanctionner la victoire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir. Un pronostic confirmé par les observateurs internationaux, de plus en plus soupçonneux quant à la transparence du scrutin.

La mise en commun des deux élections, tout d’abord, n’est pas pour faciliter la mission des envoyés des Nations Unies et du Commonwealth chargés de surveiller le vote. Quant à l’Observatoire national des élections (Onel), son impartialité laisse place au doute. L’organisme est constitué de personnalités nommées par le pouvoir et présidé par un proche du président. Enfin, des Ong indépendantes, comme Transparency international, n’ont pas obtenu l’accréditation nécessaire du ministère de l’Administration territoriale pour participer à l’observation du scrutin.

Deux bulletins pour un parti

Malgré les protestations des membres de l’opposition, qui ont vivement critiqué l’opacité de ces élections, la campagne a eu lieu. Les deux principaux partis, le RDPC (116 sièges dans l’Assemblée sortante) et le SDF (Social democratic front, 43 sièges) ont dominé les débats. Mais, selon Le Messager, les électeurs comprendraient mal l’absence des candidats du SDF de certaines circonscriptions (le Wouri, la Sanaga-Maritime, le Nyong et le Kéllé) où il aurait pu s’imposer face au RDPC. L’impression de devoir reconduire le parti au pouvoir provoquerait la colère des Camerounais.

La semaine dernière, le Southern Cameroon National Council, le parti de la minorité des deux provinces anglophones du pays, a appelé au boycott des élections. Selon ses représentants :  » les dés sont jetés d’avance « . Il réclame toujours la sécession des provinces du sud-ouest et du nord-ouest, et continue de dénoncer la discrimination dont sont victimes les Camerounais anglophones.