Fin de la trêve entre le Qatar et l’Egypte : la brouille repart de plus belle !

Les monarchies du Golfe ont apporté leur soutien au Qatar dont les relations avec l’Egypte sont houleuses. Le Caire accuse en effet le Qatar de soutenir le terrorisme en Libye, mené par des groupes armés liés aux Frères musulmans.

Plus rien ne va entre l’Egypte et le Qatar. Surtout depuis que le Caire a accusé le Qatar de « soutenir le terrorisme », lors d’une réunion de la Ligue arabe sur les raids aériens égyptiens contre des positions des combattants de l’Etat islamique (EI) en Libye. Les monarchies du Golfe, en posture d’arbitre, ont de leur côté décidé de soutenir le Qatar. Cet appui a été signifié par la voix du secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdellatif al-Zayani, qui a, dans un communiqué, « rejeté les déclarations du délégué égyptien auprès de la Ligue arabe, accusant le Qatar de soutenir le terrorisme ».

De son côté, le Qatar n’approuve pas les raids aériens égyptiens en Libye, rappelant son ambassadeur au Caire pour consultations, a rapporté, mercredi soir, l’agence de presse qatarie QNA. Doha a en effet exprimé ses réserves au sujet de la décision unilatérale de l’Egypte de mener des raids en Libye sans consulter les autres pays arabes. Au lendemain du massacre de 21 Egyptiens coptes par des combattants de l’Etat islamique, en Libye, la réponse du Caire ne s’est pas faite attendre. L’armée de l’air égyptienne a bombardé, lundi matin, des positions du groupe Etat islamique en Libye, après la diffusion de la vidéo montrant la décapitation des Egyptiens.

Les Frères musulmans, point de discorde

Ces dernières années, les relations entre l’Egypte et le Qatar n’ont jamais été au beau fixe et se sont même détériorées. En janvier 2014, le ministère égyptien des Affaires étrangères avait même convoqué l’ambassadeur du Qatar pour protester contre les critiques de Doha concernant la répression des Frères musulmans depuis la destitution par l’armée du Président Mohamed Morsi, le 3 juillet 2013.

Or, le Caire a banni la confrérie des Frères musulmans considérée désormais comme une « organisation terroriste ». Il lui est d’ailleurs interdit de manifester au risque de sévères représailles. L’Egypte accuse en outre le Qatar de soutenir les Frères musulmans. D’ailleurs, le Qatar a beaucoup surpris en décembre 2014 lorsqu’il a décidé de soutenir la politique du Président Abdel Fattah al-Sissi, se rangeant du côté des autres pays arabes, au sommet des six pays du Golfe. Après moult tergiversations, Doha s’est incliné pour soutenir le Président égyptien, alors qu’il avait fait de son appui aux Frères musulmans l’axe central de sa stratégie.

Une trêve de courte durée

Une décision qui n’avait d’ailleurs pas fait l’unanimité auprès de nombreux experts, estimant que le Qatar et son émir cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani ne devraient pas couper les ponts avec les Frères musulmans, qui représentent un large courant dans le monde arabe. Toutefois, Doha, conscient de la part prépondérante des Frères musulmans dans le monde arabe, est résolu à limiter l’impact de cet appui afin qu’il ne porte pas tort à ses nombreux intérêts politiques et économiques et à ses grandes ambitions sportives.

Un brin d’apaisement avait commencé à naître entre l’Egypte et le Qatar après cette mesure. Le sommet annuel du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui comprend la participation de l’Arabie Saoudite, de Bahreïn, des Emirats Arabes Unis, du Koweït, d’Oman et du Qatar, avait même été considéré comme un succès, car il avait permis de clore une crise régionale de neuf mois. Dans la déclaration finale, ses dirigeants ont tous exprimé leur « appui au programme politique du Président Abdel Fattah al-Sissi », et dénoncé « les milices qui contrôlent la scène » en Libye, où règne le chaos depuis la chute du défunt leader, Mouammar Kadhafi.

Mais cette nouvelle brouille entre l’Egypte et le Qatar montre bien que le hache de guerre est loin d’être enterrée entre les deux pays. La trêve aura été de courte durée.