FESTIMA 2014 : avenir de la culture des masques

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La 12e édition du Festival international des masques et des arts (FESTIMA) se tient à Dédougou au Burkina Faso, du 24 février au 2 mars 2014 sous le thème : « Masques, dialogue culturel et paix en Afrique ». A cet effet, des prestations de groupes de masques, conférences, panels, expositions sur les richesses et menaces des masques africains, les nuits au village, sont au programme. 45 groupes de 6 pays, 900 acteurs des masques, 100 000 visiteurs sont attendus à l’ouest du Burkina, plus précisément à Dédougou.

(De notre correspondant à Ouagadougou)

Le Festival International des Masques et des Arts de Dédougou fut l’idée d’un groupe d’étudiants, convaincus et soucieux de l’avenir des masques menacés par les nombreux vices et dérives de la société moderne (vol, négligence, abandon etc.) qui voit le jour en 1995. En vue de définir une stratégie adaptée en matière de promotion durable de ce patrimoine culturel, une enquête a été réalisée dans la Région de la Boucle du Mouhoun, au Burkina Faso et a révélé l’existence de plusieurs groupes aux identités culturelles plurielles, variétés et dynamiques. Le besoin urgent s’est ainsi exprimé de multiplier les rencontres, les échanges interculturelles et de promouvoir le dialogue entre les cultures pour contribuer à la sauvegarde et à la revitalisation de ce patrimoine immatériel.

De nos jours, le FESTIMA est la plus grande manifestation qui valorise les masques en Afrique. Toute chose qui rehausse l’image du Burkina. Mieux, c’est une manifestation d’envergure internationale qui mobilise de nombreux touristes vers la boucle du Mouhoun, et permet de générer des devises pour le secteur touristique burkinabè. Aux touristes, s’ajoutent de nombreux opérateurs économiques et autres artisans qui viendront faire la promotion de leurs articles à Dédougou.

Point d’honneur de l’UNESCO

Par cet évènement, l’Association pour la sauvegarde des masques et des arts (ASAMA) entend s’inscrire dans la droite ligne de la sauvegarde des traditions de masques en Afrique. Ce festival dans la philosophie de l’UNESCO en matière de sauvegarde du patrimoine culturel. L’ASAMA a été accréditée en 2012, par l’UNESCO pour assurer des fonctions consultatives auprès du comité de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. La 12e édition du FESTIMA est placée sous le signe de la célébration du 10e anniversaire de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Il porte sur « masque, dialogue culturel et pais en Afrique ».
Le thème de la présente édition est : « Masque, dialogue culturel et paix en Afrique ». « Au vu de ce qui se passe dans certains pays de la sous-région, il est important en tant qu’association, qu’on s’implique pour que ces populations puissent avoir une approche qui s’inscrit dans une dynamique de paix  », explique Tankien Dayo, président du comité d’organisation du FESTIMA

Les innovations

La première innovation de la 12e édition du FESTIMA, c’est la durée. Pour la première fois, il s’étale sur une semaine contre 3, 4 ou 5 jours lors des précédentes éditions. Ensuite, la plupart des sociétés de masques invitées au niveau national ou africain participent pour la première fois à cette fête. Cinq pays sont annoncés avec un total de 45 groupes. Il s’agit de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Togo, du Mali, de la Gambie et du Burkina Faso. L’une des innovations tient également à la place accordée aux échanges et réflexions autour de la mise en œuvre de la convention du patrimoine culturel immatériel en Afrique de l’Ouest. Ainsi, trois panels et deux grandes conférences sont au programme.

Clôture en beauté

Le festival sera clôturé par une soirée de gala, pour joindre l’utile à l’agréable tout comme les « nuits au village » le feront chaque soir avec les musiques et danses des pays participants. Le gala devra permettre de collecter des dons au profit des sociétés de masques au patrimoine très fragile.