Femen : une condamnation et un lever de boucliers

Les trois Femen européennes, deux Françaises et une Allemande, ont été condamnées, mercredi, à quatre mois de prison ferme. Ce verdict provoque un lever de boucliers en France comme en Tunisie. L’avocat français des militantes féministes a d’ores et déjà prévenu qu’il fera appel. Quand les parents de Pauline Hillier, l’une des deux Françaises, expriment leur colère, la présidente du mouvement Femen, Inna Shevchenko, annonce que le combat n’est pas fini en Tunisie.

Quatre mois de prison ferme. C’est la peine que les trois Femen européennes, deux Françaises et une Allemande, ont écopé mercredi à la suite de leur procès. Ces militantes féministes ont été arrêtées, le 29 mai, alors qu’elles manifestaient seins nus devant le palais de justice de Tunis, la capitale de la Tunisie, en soutien à Amina Tyler, la première Femen tunisienne.

Une condamnation qui provoque un lever de boucliers en France comme en Tunisie. L’avocat français des Femen européennes a d’ores et déjà prévenu qu’il fera appel. Et d’accuser : « C’est cette pression (celle des islamistes, ndlr) qui peut expliquer la sévérité de ce jugement qui est une forme de procès en sorcellerie, de délit de blasphème », a déclaré Yvan Terel à Liberation.fr. La défense dénonce une condamnation « largement disproportionnée » et une « atteinte à la liberté d’expression ».

« Très en colère »

Alexandra Shevchenko, persona non grata en Tunisie. La leader du mouvent Femen en Europe, avait elle aussi fait le déplacement en Tunisie fin mai, pour soutenir Amina Tyler, détenue par la justice tunisienne pour « association de malfaiteurs », « profanation de cimetière » et « atteinte aux bonnes mœurs ».

Celle qui a été expulsée vers l’Ukraine, son pays d’origine, a tenu à réagir sur le verdict visant les trois Femen européennes, en détention depuis deux semaines, qui doivent passer quatre mois supplémentaires en prison. « Très en colère », Alexandra Shevchenko fustige ainsi le gouvernement islamiste tunisien : « Par cette décision, le pouvoir tunisien prouve sa sauvagerie théocratique et montre au monde entier qu’il bafoue les conventions démocratiques », a-t-elle confié à Liberation.fr.

La colère est aussi le sentiment éprouvé par les parents de Pauline Hillier, l’une des deux Françaises condamnées à quatre mois de prison ferme. Sa mère, Danielle Hillier s’est confiée à France 3 région pour exprimer leur état d’esprit : « Effondrés, ses parents attendent beaucoup de l’appel déposé contre la condamnation de leur fille… », rapporte la chaîne de télévision.

Le ministère français des Affaires étrangères juge, pour sa part,
« sévère » cette peine infligée aux trois Femen européennes. Les autorités françaises, en l’occurrence le chef de la diplomatie française Laurent Fabius ainsi que le secrétaire général du Parti socialiste Harlem Désir, avaient tous deux appelé à la clémence voire à la libération des deux militantes féministes françaises. La justice tunisienne a tranché, en toute indépendance.