Fania : grande cuisinière de la nouvelle musique africaine

A guetter dans les rayons de disque, le prochain disque de Fania. La chanteuse sénégalaise signe une oeuvre délicieuse, mélange subtil de sons électroniques et de musique  » roots « .

Avec une voix légèrement voilée, sur fond d’arpèges cristallins – au kaomé, la harpe traditionnelle sénégalaise ou à la guitare teintée d’un soupçon d’effets -, la chanteuse sénégalaise, Fania, entraîne son auditeur dans une balade nonchalante à travers la diaspora des musiques noires : reggae, soul, harmoniques caribéennes, pastorales soninkés, funk, comptines mandingues reconnaissables à ce timbre nasillard et haut perché.

Le dernier album de cette vocaliste/mannequin sénégalaise qui fait les beaux jours des couturiers Jean-Paul Goude et Jean-Paul Gautier, livre aux inconditionnels sous l’égide de Sony-France, un recueil de 12 balades qui résiste au revival mâtiné de world music, dévoilant aux profanes une artiste inspirée aux potentialités créatives d’une rare finesse.

Tonnes brésiliens et eau qui clapote

La douceur des mélodies tranche avec un arsenal de percussions savamment orchestrées par Sei, le programmateur de l’écurie Poussy Four (U2, Bjork), mis à disposition par la maison de disque. Magie du – bon -son : samples acoustiques, tonnes brésiliens, tambours ouest-africains, ou, carrément minimalistes, deux morceaux de bois, l’eau qui clapote, révèlent, comme un vieux cru en bouche, un bouquet de saveurs et de perceptions sensuelles.

Cet album est également touchant de par sa sincérité : à l’inverse des productions  » world  » trop souvent ratatinées par une haute technologie pour binaires/primaires, Fania et son équipe ont réussi à mettre la technique au service d’un univers poétique personnel où se mêlent nomadisme peul et musiques électroniques, sagesse ancestrale et émerveillements enfantins, sable ocre et grattes-ciel yankee.

Une découverte, pleine de charme et de surprises, à laquelle nous convie cette ancienne chanteuse du groupe Kaoma qui avait assailli les ondes avec la très commerciale  » lambada « . Comme quoi, il y a une vie après la mort.

Retrouvez Fania dans notre émission Echos d’Afrik sur alatele.com