Fait insolite au Malawi : des manifestants verrouillent les bureaux de la Commission électorale pour exiger la démission de sa présidente

Les Malawites ne décolèrent pas, même après l’annulation du scrutin présidentiel de mai dernier par la Cour constitutionnelle. Cette fois-ci, c’est à la Commission électorale qu’ils s’en prennent.

Ce jeudi, c’est avec des chaînes et des cadenas que des manifestants ont fermé les locaux de la Commission électorale du Malawi (MEC, en anglais), empêchant l’accès auxdits locaux, au nez et à la barbe de l’armée qui n’a pas bougé le petit doigt. Les manifestations de rue se sont déroulées simultanément dans les deux plus grandes villes du pays, Lilongwe la capitale politique et Blantyre, le principal centre économique. Le leitmotiv de tous ces manifestants, la démission immédiate de la présidente de la Commission électorale du Malawi, Jane Ansah. « Nous ne nous arrêterons pas tant que Jane Ansah n’a pas démissionné », a lâché Masauko Thawe, l’un des meneurs des manifestations de Blantyre.

Pour ces manifestants, la MEC et sa présidente sont les seuls responsables de la crise post-électorale que traverse le Malawi et qui s’est soldée par l’invalidation du scrutin par la Cour constitutionnelle, il y a quelques jours. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase et provoqué les mouvements d’humeur de ce jour, ce sont les propos tenus hier, mercredi, par Jane Ansah. En effet, alors que la Cour constitutionnelle avait dénoncé l’usage du Tipex sur des procès-verbaux pour falsifier les votes, la présidente de la MEC a déclaré, devant une commission parlementaire, qu’il n’y avait « pas de preuve que le Tipex ait été utilisé pour favoriser un candidat », rapporte l’AFP.

Il faut préciser qu’autant la MEC que le Président Peter Mutharika ont fait appel du verdict de la Cour constitutionnelle et ont même demandé la suspension de l’arrêt annulant l’élection. La Cour les a déboutés sur cette dernière requête. Mais sa décision reste attendue pour ce qui est de l’appel.