Face à la CPI, « Terminator » Ntaganda campe toujours sur ses positions

Lors de sa première journée d’audition, ce mercredi à la Cour pénale internationale (CPI), l’ex-chef de guerre, Bosco Ntaganda, accusé de crimes de guerre et crime contre l’humanité dans l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), campe toujours sur ses positions.

Il n’a pas changé son fusil d’épaule. Bosco Ntaganda, accusé de crimes de guerre et crime contre l’humanité dans l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a une fois de plus campé sur ses positions face à la Cour pénale internationale (CPI), lors de sa première journée d’audience, ce mercredi. L’ex-chef de guerre, surnommé « Terminator » à cause de férocité, a clamé une fois de plus son innocence au point d’agacer la procureure gambienne Fatou Bensouda. Il s’est exprimé face aux juges de la juridiction d’une voix presque inaudible et dans sa langue natale, le kinyarwanda, répétant qu’il plaidait « non coupable de toutes les charges retenues ». Il conserve ainsi la même ligne de défense depuis sa comparution préliminaire, en mars 2013.

Il devrait s’exprimer de nouveau jeudi à la fin de la présentation de la défense, selon Stéphane Bourgon, son avocat, soulignant que son client est impatient de se défendre. Bosco Ntaganda est en effet accusé de 13 chefs d’accusation, dont crimes de guerre et de cinq chefs de crimes contre l’humanité, pour meurtre et tentative de meurtre, attaques contre des civils, viol et esclavage sexuel, enrôlement et utilisation d’enfants soldats, pillage et persécution, perpétrés dans le district de l’Ituri, dans le nord-est de la RDC en 2002 et 2003.

« Sa fille, un bébé de sept mois, avait la tête fracassée »

Les témoins s’exprimeront, eux, à partir du 15 septembre. L’accusation devrait présenter plus de 8 000 documents, dont des rapports d’experts, des extraits vidéo et des déclarations. Plus de 70 « témoins de faits » et une dizaine d’experts témoins seront cités. La procureure qui a tenu à donner un aperçu des témoignages a précisé qu’un civil a découvert, en février 2003, les corps de sa femme et de ses quatre enfants dans un champ de bananes. Toujours selon Fatou Bensouda : « Son jeune fils avait été éviscéré et égorgé, tout comme sa femme. Sa fille, un bébé de sept mois, avait la tête fracassée ».

Bien que l’ex-chef de guerre clame son innocence, selon la procureure Fatou Bensouda, sa culpabilité ne fait aucun doute. « Bosco Ntaganda était l’un des commandants les plus importants et a ordonné des attaques et la mort » de civils, a-t-elle affirmé devant la cour, à La Haye. D’après elle, « cette affaire concerne la violence qui a décimé la région de l’Ituri, tuant des centaines de civils, en laissant des milliers vivre de rien dans la forêt », assurant que « la culpabilité de Bosco Ntaganda sera prouvée au-delà du doute raisonnable ».