Extradition des infirmières bulgares : Me Alexiev redoute un enlisement de la situation

Les infirmières bulgares et le médecin d’origine palestinienne, naturalisé Bulgare, espèrent être extradés vers la Bulgarie qui a fait une requête dans ce sens. L’espoir est permis depuis mardi où leur peine de mort a été commuée en prison à vie. Quelles sont leurs chances de sortir de l’enfer qui est le leur depuis huit ans ? Début de réponse avec l’un de leurs avocats, Me Alexandre Alexiev.

Antoine Alexiev est l’un des quatre avocats français, membres d’Avocats sans frontières, qui assurent la défense des cinq infirmières et du médecin bulgares accusés d’avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens dont 54 sont décédés. En décembre dernier, il écrivait une lettre au président français Jacques Chirac pour l’alerter sur la situation des soignants. Depuis mardi, leur situation a beaucoup évolué mais l’issue de la procédure d’extradition reste encore incertaine.

Afrik.com : La peine de mort des infirmières et du médecin bulgares vient d’être commuée en réclusion à perpétuité. Ils n’attendent aujourd’hui que leur extradition vers la Bulgarie. Que va-t-il se passer maintenant ?

Antoine Alexiev :
Il y a deux scénarios possibles. Soit ça s’arrange très vite, demain ou après-demain, soit on s’expose à un risque d’enlisement. Si la question de leur extradition n’est pas réglée dans les deux ou trois jours qui viennent, les Libyens pourraient présenter d’autres exigences qui risquent de compliquer la situation.

Afrik.com : Les familles des victimes ont pourtant accordé leur pardon contre une indemnité d’un million de dollars ?

Antoine Alexiev :
Les familles ont abandonné l’exigence de la peine capitale mais elles tiennent à ce que les sanctions à l’encontre des infirmières et du médecin soient appliquées. Les Libyens ne cèderont pas s’ils ne sont pas assurés que les soignants effectueront leur peine de prison en Bulgarie.

Afrik.com : Dans quel état sont aujourd’hui les infirmières bulgares

Antoine Alexiev :
Je n’ai pas de contact direct avec elles mais j’ai eu leurs familles qui sont toujours aussi dépressives. Les infirmières ainsi que leurs familles n’auront de répit que lorsque qu’elles se retrouveront chez elles.

Afrik.com : Vous êtes optimiste quant à l’issue de la procédure d’extradition engagée par la Bulgarie ?

Antoine Alexiev :
Moyennement, car il y a beaucoup d’incertitudes : tout est fragile.

Afrik.com : L’intervention du couple présidentiel français peut-elle s’avérer utile ?

Antoine Alexiev :
Il faudrait un accès direct au colonel Kadhafi pour le savoir, ce qui n’est pas le cas. Il est difficile de répondre à cette question mais c’est certainement un plus.

Afrik.com : Dans quelles conditions le médecin palestinien a acquis la nationalité bulgare ?

Antoine Alexiev :
C’était le seul moyen pour qu’il ait la vie sauve parce qu’autrement, personne ne se serait battu pour lui.

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