Extradition de Blé Goudé : « Abidjan répondra à la CPI le moment venu »

La Cour pénale internationale (CPI) a émis, mardi, un mandat d’arrêt international contre Charles Blé Goudé, l’ancien leader des Jeunes patriotes du régime de Laurent Gbagbo. Les autorités ivoiriennes ont pris acte de la requête de la CPI, mais réfléchissent pour le moment sur la position à adopter.

L’heure est à la réflexion à Abidjan. Depuis que la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé avoir émis un mandat d’arrêt international contre Charles Blé Goudé, les autorités ivoiriennes se creusent les méninges pour se décider sur la position à tenir. Alors faut-il livrer l’ancien leader des Jeunes patriotes ou non ? Réponse du porte-parole du gouvernement, Bruno Koné : « Abidjan répondra, le moment venu, à la CPI ». « On ne va pas s’engager sur des délais », a renchéri ce dernier, affirmant que son pays a bien pris acte de la décision de la CPI.

« Chaque cas est particulier »

Abidjan qui a refusé de livrer à la CPI l’ex-Première dame, Simone Gbagbo, accusée de crimes contre l’humanité durant les violences post-électorales de 2010-2011, est donc face à un nouveau dilemme. Mais, selon le porte-parole du gouvernement, « chaque cas est particulier. Nous ne voulons pas entrer dans une logique de réponse globale. Nous garderons toujours en vue l’objectif de réconciliation nationale et d’autre part le rejet de l’impunité. C’est tout cela qui devra être apprécié avant de donner une réponse à la CPI ». Les pro-Gbagbo, en effet, estiment toujours être les seuls à être au banc des accusés, soulignant qu’une justice impartiale et indépendante est nécessaire à la réconciliation nationale et à la restauration du tissu social ivoirien.

Tissu social à recoudre

Un tissu social dont une partie de la destruction est imputée à Charles Blé Goudé à qui on reproche d’avoir attisé la haine entre militants pro-Gbagbo et pro-Ouattara. Arrêté au Ghana le 17 janvier dernier, après plus d’un an de cavale, Charles Blé Goudé, qui a été livré le lendemain à la justice de son pays, est accusé de meurtre, viol, persécutions et autres actes inhumains commis lors de la crise post-électorale de 2010-2011. Il a été inculpé le 21 janvier par la justice ivoirienne notamment de crimes de guerre, d’assassinats, vols en réunion, dégradation et destruction de biens d’autrui.

Après l’ancien Président ivoirien, Laurent Gbagbo et son épouse, Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé est la troisième personne suspectée d’être à l’origine des violences post-électorales de 2010-2011, qui ont miné la Côte d’Ivoire. Depuis le pays soigne ses blessures, mais doit encore faire à de nombreux défis. Le fossé entre pro-Gbagbo et Ouattara ne s’est toujours pas réduit.