Expulsions vers les pays en guerre : SOS Racisme interpelle le Président de la République sur la situation de ressortissants soudanais en instance d’expulsion

Suite à une interpellation massive dans le Calaisis, 15 ressortissants soudanais, en quête de protection internationale, ont été enfermés au centre de rétention de Coquelles les 7 et 8 avril afin d’être expulsés de force au Soudan.

Suite aux mesures urgentes décidées par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, trois réfugiés ont été libérés, sans qu’aucune mesure de protection ne soit mise en œuvre à leur encontre.
Toutefois, douze ressortissants soudanais sont toujours privés de leur liberté, leur rétention ayant été prolongée de 15 jours le 24 avril dernier, et ce malgré la censure opérée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour trois de leurs compatriotes, et l’absence de laissez-passer nécessaire à l’expulsion de ces douze réfugiés.

Au Soudan, selon les estimations de l’ONU, ce conflit a causé plus de 300 000 morts et 2,7 millions de déplacés. Il y a une semaine, de graves affrontements ont encore fait 60 morts. La réélection du Président Omar Al Bachir, le 26 avril, n’a fait qu’augmenter la tension et les violences dans la région, comme le confirme le Ministère des Affaires Etrangères, pour qui « toute la région Ouest est formellement déconseillée [….]. La situation sécuritaire […] reste très instable. »

A l’heure où plusieurs mandats d’arrêts internationaux ont été émis à l’encontre du président soudanais pour crime de guerre et crime contre l’Humanité, où le Président de la République Française a décidé d’écarter Omar Al-Bachir du prochain sommet France-Afrique et où, la situation sécuritaire ne fait que se dégrader, la France s’apprête pourtant à renvoyer 12 réfugiés au péril de leur vie.

Plus grave encore, la France, comme lors de la séquence du renvoi des ressortissants afghans vers Kaboul, s’apprête à effectuer une expulsion présumée illégale. SOS Racisme condamne l’action du Ministère de l’Immigration et de l’Intégration, qui, pour la réalisation de son objectif en matière d’expulsion, s’apprête, une fois encore, à expulser, des êtres humains vers un pays en guerre, où leur vie, leur liberté et leur sécurité sont menacées.

Si tel était le cas, la France poursuivrait sa volonté d’opérer des retours forcés à destination de pays en guerre, en contradiction avec la loi française, ses engagements internationaux et sa tradition d’accueil des réfugiés : après l’Erythrée, l’Afghanistan et l’Irak, demain le Soudan ?

Dénonçant avec force l’inhumanité de la situation réservée à ces ressortissants soudanais, SOS Racisme a saisi vendredi le Président de la République de leur situation, de la nécessité de leur protection et du respect du droit. Nous sommes toujours en attente de sa réponse.