Excuses sud-africaines pour les attaques contre les étrangers

Le gouvernement sud-africain s’est excusé pour la vague d’attaques contre des étrangers, dont des Nigérians, qui ont fait 42 morts dans son pays, a appris la PANA à Lagos.

Les attaques d’étrangers en Afrique du Sud ont principalement été dirigées contre des Nigérians, des Mozambicains, des Zimbabwéens, des Kenyans, des Somaliens et d’autres immigrés d’origine africaine, ce qui a obligé le gouvernement sud-africain à déployer son armée pour mettre fin aux violences jeudi.

Avant ces deux semaines de violences, il y a eu une série d’attaques ciblant les Nigérians en visite en Afrique du Sud ainsi que certains des membres du personnel du Haut Commissariat Nigérian dans ce pays.

Parmi les victimes de ces exactions figurent l’épouse de l’ex- président Olusegun Obasanjo, Mme Oluremi Obasanjo et un ex- candidat à la présidence, Alhaji Bamanga Tukur.

Dans un communiqué rendu public à Abuja vendredi, la vice- présidente sud-africaine, Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, s’est excusée pour la situation désastreuse des Nigérians et des autres étrangers dans l’ancienne enclave de l’apartheid.

En réagissant à un discours du vice-président Goodluck Jonathan, à l’ouverture de la septième Commission bi-nationale Nigeria-Afrique du Sud dans la Salle des Banquets de la présidence à Abuja, la capitale nigériane, Mme Mlambo-Ngcuka a déclaré, « je veux présenter mes excuses à tous ceux qui ont été affectés et leur donner l’assurance que les coupables seront punis par la loi.

Condamnation ferme des actes de violence:

« Les actes de ces dernières semaines ne sont rien d’autres que des actes criminels et nous ne les laisserons pas déstabiliser le pays et nos relations avec les citoyens de tous les autres pays.

Elle a réfuté les insinuations selon lesquelles ces attaques étaient dues au fait que les autochtones craignaient que les étrangers leurs volent leurs emplois, en expliquant qu’elle ne pouvait croire à cette histoire d’emplois.

« Je ne peux croire que des Sud-Africains normaux sont contre leurs frères et sœurs africains. Je ne peux vraiment pas y croire. Même si nous ne disposons pas de toutes les informations, je peux vous dire que les Sud-Africains ont toujours apprécié l’hospitalité dont ils ont bénéficié sur le continent africain, de la part de leurs frères et sœurs africains, durant la période sombre de l’apartheid.

Laissez-moi vous assurer encore une fois que nous ne ménageons aucun effort pour mettre fin à ces violences. Que nous trouverons ces causes profondes et qu’à long terme, nous trouverons des solutions à ces problèmes parfois complexes.

Auparavant, M. Jonathan avait invité le gouvernement sud- africain à résoudre immédiatement ce problèmes et les autres sources de contentieux dans ses relations avec le Nigeria.

En particulier, M. Jonathan a demandé à Mme Mlambo-Ngcuka que son gouvernement cesse d’imposer des frais de visa discriminatoires aux Nigérians, en soulignant que ces frais étaient étranges car les demandeurs nigérians étaient le seul groupe à qui ont les demandait.

J’invite nos homologues sud-africains à revoir de manière courageuse l’imposition de frais étranges et discriminatoires aux demandeurs de visa nigérians. Les Nigérians ne comprennent pas et nous leurs dirigeants sommes incapables de leur expliquer pourquoi ils ont à payer des frais si discriminatoires qui ne sont pas exigés à d’autres pays.

Il est même plus inquiétant de savoir que des visiteurs de l’Europe, des Amériques et d’autres pays éloignés ne sont pas obligés de payer ces frais. Nous pensons que l’imposition de ces frais va à l’encontre de l’esprit de l’unité africaine.

En rappelant avec nostalgie le rôle inestimable du Nigeria dans le mouvement anti-apartheid ayant conduit à la libération de l’Afrique du Sud du régime de la minorité blanche, le vice- président a déclaré que les attaques contre des Nigérians dans les villes sud-africaines allaient également à l’encontre des principes directeurs de la fraternité africaine.

M. Jonathan a cependant reconnu les efforts du gouvernement sud-africain pour résoudre ce problème.